Le coeur immaculé de Marie
Cette dévotion est fondée sur la théologie mariale de saint Bernard de Clairvaux, ainsi que sur les écrits de docteurs de l'Église tels que saint Anselme de Cantorbéry. Après l'apparition de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus par les révélations privées reçues par sainte Gertrude, sainte Mechtilde et notamment sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVIIe siècle, cette dévotion fut progressivement assimilée à Marie, qui ne forme qu'un seul cœur avec celui de Jésus selon saint François de Sales. La dévotion au Cœur de Marie va apparaître lentement chez les fidèles catholiques, notamment grâce à l'expansion de la dévotion mariale à partir du XVIIe siècle, avant de prendre une plus grande influence par la promotion qu'en fit notamment saint Jean Eudes, et dans une moindre mesure par saint Louis-Marie Grignion de Montfort, au XVIIe siècle. Une fête consacrée au Cœur très pur de Marie était déjà célébrée par l'ordre des Augustins et le diocèse de Rome dès le XIXe siècle.
Le 27 novembre 1830, la Vierge Marie aurait demandé, au cours d'une apparition à sainte Catherine Labouré, de faire frapper une médaille avec les Cœurs de Jésus et de Marie. Il devait être marqué sur le contour cette petite prière : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » (prémices du dogme de l'Immaculée conception, qui ne sera proclamée par le pape Pie IX qu'en 1854.)
Le 11 décembre 1836, l'abbé Desgenettes, curé de Notre-Dame-des-Victoires à Paris consacra, sa paroisse au Cœur Immaculé de Marie, une première pour l'époque. Son action fut en réponse à une locution intérieure qu'il aurait eu quelques jours plus tôt, lui disant : " Consacre ta paroisse au Cœur immaculé de Marie ".
C'est notamment à partir des apparitions de Fátima que la dévotion du Cœur immaculé de Marie va connaître une grande impulsion à travers le monde catholique. Au cours de ces apparitions, la Vierge aurait elle-même appelé à cette dévotion. Le 13 juin 1917, elle aurait dit aux bergers :
« [Jésus] veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. À qui embrassera cette dévotion, je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône. »
Pie VII accorde une « fête du Cœur Très Pur de Marie » à quelques églises, le dimanche de l'octave de l'Assomption, puis Pie IX renouvelle cette autorisation. Elle est finalement inscrite dans le calendrier liturgique universel en 1942 par Pie XII, et fixée au 22 août, jour octave de l'Assomption. Puis le pape institue une autre fête en 1954, celle de Marie-Reine, afin que chaque année « on renouvelle la consécration du genre humain au Cœur Immaculé de la Bienheureuse Vierge Marie ». Lors des réformes liturgiques de Paul VI en 1969, la fête du Cœur immaculé de Marie est transférée au samedi de la troisième semaine après la Pentecôte, soit le lendemain de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, tandis que la fête de Marie-Reine passe du 31 mai au 22 août.
À la suite de Pie XII, le monde est consacré au Cœur Immaculé de Marie par saint Jean-Paul II en 1982, 1983 et 1984. Benoît XVI le confie aux prêtres en 2010 par un acte de consécration. Le pape François l'évoque en 2013 dans son homélie du 13 octobre dans le cadre de l'Année de la foi puis dans sa catéchèse du 23 consacré à Marie modèle de foi.
Le Cœur Immaculé est souvent représenté, dans l'art chrétien, sous la forme d'un cœur enflammé brillant d'une lumière divine, symbolisant l'amour pour Dieu de la Vierge Marie. Il est généralement entouré de roses, symbolisant la douceur, la tendresse qu'elle représente, percé d'un glaive, représentant ses souffrances (voir Notre-Dame des Douleurs), et surmonté d'une fleur de lys, symbolisant sa pureté, elle qui est définie comme l'Immaculée conception (conçue sans péché) par l'Église catholique.
Quelques Salve Regina pour la fête du Coeur immaculé de Marie.
Salve, Regina, Mater misericordiæ,
vita, dulcedo, et spes nostra, salve.
Ad te clamamus exsules filii Evæ,
Ad te suspiramus, gementes et flentes
in hac lacrimarum valle
Eia, ergo, advocata nostra, illos tuos
misericordes oculos ad nos converte ;
Et Jesum, benedictum fructum ventris tui,
nobis post hoc exsilium ostende.
O clemens, O pia, O dulcis Virgo Maria.
Claudio Monteverdi (1567-1643) Salve Regina à deux voix de la Selva Morale e Spirituale
Salve Regina à deux voix de la Selva Morale e Spirituale (Claudio Monteverdi) Eva Zaïcik, Anaïs Bertrand
Pavel Josef Vejvanovský (1640-1693) Salve Regina
Salve Regina (Pavel Josef Vejvanovský) Ensemble Castelkorn (Josef Zak) et Claire Lefilliâtre (soprano)
André Campra (1660-1744) Salve Regina à une voix
Salve Regina Motet pour une voix (André Campra) Ensemble Da Pacem
Georg Friedrich Händel (1685-1759) Salve Regina HWV 241 (adaptation sur la Sarabande de la Suite en ré mineur)
Salve Regina (Georg Friedrich Händel) Ensemble vocal l'Alliance
Francis Poulenc (1899-1963) Salve Regina
Salve Regina (Francis Poulenc) The Sixteenth (Harry Christopher)
Miklós Kocsár (1933-2019) Salve Regina
Salve Regina (Miklós Kocsár ) Vokalni ansambl Brevis (Antoaneta Radočaj Jerković)
Arvo Pärt (1935-) Salve Regina
Salve Regina (Arvo Pärt) Choir of Royal Holloway
Franco Prinsloo Salve Regina
Salve Regina (Franco Prinsloo) Stellenbosch University Choir
Le Salve Regina du Rouergue
Salve Regina du Rouergue Esnemble Estelum Lutxi Achiary, Virginie Ardaen, Hélène Bernard, Nadèta Carita, Anne Enjalbert.
Sacrosanctum Concilium