1969 Lettre approuvant les normes de l'année liturgique — Ressources liturgiques - Association Sacrosanctum Concilium

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1969 Lettre approuvant les normes de l'année liturgique

Mysterii paschalis celebrationem
Lettre apostolique donnée en Motu proprio approuvant les normes universelles pour l'année liturgique et le nouveau calendrier romain universel. Document figurant en tête des Normes correspondantes et publié dans le Missel romain issu du concile Vatican II.

LETTRE APOSTOLIQUE 
MYSTERII PASCHALIS CELEBRATIONEM

DONNÉE MOTU PROPRIO APPROUVANT LES NORMES UNIVERSELLES DE L’ANNÉE LITURGIQUE ET LE NOUVEAU CALENDRIER ROMAIN GÉNÉRAL

 

Que la célébration du Mystère pascal constitue l’essentiel du culte chrétien dans son déploiement quotidien, hebdomadaire et annuel, le II’ concile du Vatican l’enseigne clairement. C’est pourquoi la restauration de l’année liturgique, dont il a formulé les normes[1], se devait de le mettre dans une lumière plus vive, tant en ce qui concerne l’organisation du propre du temps et du propre des saints que dans la révision du calendrier romain.

I

Au cours des siècles la multiplication des fêtes, des vigiles et des octaves, ainsi que la complication progressive des diverses parties de l’année liturgique, ont souvent poussé les fidèles aux dévotions particulières, détournant quelque peu leur attention des mystères fondamentaux de notre rédemption. Nul n’ignore cependant les dispositions prises par Nos prédécesseurs saint Pie X et Jean XXIII pour rendre au dimanche sa dignité de « jour de fête primordiale »[2] et pour restaurer la célébration liturgique du Carême. Et surtout Notre prédécesseur Pie XII a décidé de faire revivre dans l’Église d’Occident, au cours de la nuit sainte de Pâques, la solennelle veillée dans laquelle, en célébrant les sacrements de l’initiation chrétienne, le peuple de Dieu renouvelle son alliance avec le Seigneur ressuscité[3].

Avec les anciens Pères et la tradition unanime de l’Église, ces pontifes pensaient que le déroulement de l’année liturgique n’offre pas seulement une évocation des actions par lesquelles notre Seigneur Jésus Christ a opéré notre salut, ou une évocation du passé propre à nourrir la méditation des fidèles et à rendre plus facile la catéchèse des simples. Ils enseignaient aussi que la célébration de l’année liturgique « jouit d’une force sacramentelle et d’une efficacité particulière pour nourrir la vie chrétienne »[4], ce que Nous-même Nous pensons et enseignons.

C’est à bon droit, en effet, qu’en célébrant « le mystère de la naissance du Christ »[5] et sa manifestation au monde, nous demandons d’être transformés au plus intime de notre cœur par celui dont nous reconnaissons que les dehors furent semblables aux nôtres[6]. Et quand nous renouvelons la Pâque du Seigneur, nous demandons à Dieu que ceux qui sont renés avec le Christ « gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi »[7]. Selon les propres termes du II’ concile du Vatican, « en célébrant les mystères de la rédemption, l’Église ouvre aux fidèles les richesses des vertus et des mérites de son Seigneur ; de la sorte, ces mystères sont en quelque manière rendus présents tout au long du temps, les fidèles sont mis en contact avec eux et remplis par la grâce du salut »[8].

Ainsi la révision de l’année liturgique et les règles qui découlent de sa restauration n’ont-elles d’autre but que de permettre aux fidèles de communier d’une manière plus intense dans la foi, l’espérance et la charité « à tout le mystère du Christ déployé pendant le cycle de l’année »[9].

II

À la célébration du mystère du Christ ne s’opposent pas du tout, pensons-Nous, les fêtes de la bienheureuse Vierge Marie, « unie à son Fils dans l’œuvre du salut par un lien indissolubles[10] », ni les mémoires des saints, parmi lesquels les anniversaires de « nos seigneurs les martyrs et les vainqueurs [11]» brillent d’un éclat particulier. « Les fêtes des saints proclament les merveilles du Christ chez ses serviteurs et offrent aux fidèles des exemples opportuns à imiter[12] » Aussi l’Église a-t-elle toujours pensé que le mystère pascal du Christ est proclamé et renouvelé dans les fêtes des saints[13].

On ne saurait nier cependant que le nombre des fêtes des saints s’est accru d’une manière démesurée au cours des derniers siècles. C’est pourquoi le saint Concile a décrété : « Pour que les fêtes des saints ne l’emportent pas sur les fêtes qui célèbrent les mystères mêmes du salut, le plus grand nombre d’entre elles seront laissées à la célébration de chaque Église, nation ou famille religieuse particulière ; on n’étendra à l’Église universelle que les fêtes commémorant des saints qui présentent véritablement une importance universelle[14]. 

Afin de donner suite à cette décision conciliaire, d’une part les noms de plusieurs saints ont été enlevés du calendrier général, d’autre part la faculté a été concédée de célébrer ad libitum les mémoires d’autres saints, tout en conservant à leur culte l’importance qui lui convient dans les régions où ils ont vécu. La suppression de la mention d’un certain nombre des saints non universellement connus a permis d’inscrire au calendrier romain les noms de quelques martyrs issus de ces régions où la lumière de l’Évangile est parvenue plus tardivement. Ainsi jouiront d’une même dignité en ce calendrier certains représentants de tous les pays, qu’ils aient versé leur sang pour le Christ ou qu’ils aient brillé des plus hautes vertus.

Pour ces raisons, Nous pensons que le nouveau calendrier général du rite romain convient davantage à la piété et aux besoins de notre temps, et qu’il reflète mieux l’universalité de l’Église, en ce sens qu’il propose les noms des saints les plus importants qui présentent à tout le peuple de Dieu des exemples remarquables d’une sainteté aux multiples visages. Il est superflu de dire combien cela contribuera au bien spirituel de tout le monde chrétien.

Ayant très attentivement pesé ces choses devant le Seigneur, Nous approuvons de Notre Autorité apostolique le nouveau Calendrier romain général, préparé par le Conseil pour la mise en œuvre de la Constitution liturgique, ainsi que les Normes universelles concernant l’ordonnance de l’année liturgique. Nous décidons leur entrée en vigueur le 1er janvier de l’an prochain 1970, selon les décrets qui seront publiés conjointement par la S. Congrégation des rites et ce Conseil et qui seront valables jusqu’à l’édition du Missel et du Bréviaire restaurés.

Nous voulons que ce que Nous avons établi dans cette Lettre donnée motu proprio soit tenu pour ferme et efficace, nonobstant, si c’est nécessaire, les constitutions et ordonnances apostoliques données par Nos prédécesseurs et les autres prescriptions, même dignes de mention et pouvant déroger à la loi.

Donnée à Rome, près de Saint-Pierre, au jour de la Cène du Seigneur, le 14 février 1969, sixième année de Notre pontificat.

PAUL VI PAPE

 

[1] Const. lit., art. 102 ss.
[2] Ibidem, art. 106
[3] Décret Dominicae Resurrectionis, 9 février 1951 (Le rétablissement de la vigile de Pâques solennelle, DC 1091, 25 mars 1951, col. 331‑332).
[4] Décret général Maxima Redemptionis 16 novembre 1955 (Réforme de l’ordo liturgique de la semaine sainte, DC 1214, 11 décembre 1955, col. 1537-1548).
[5] Saint Léon le Grand, sermon 27 de Noël, 7, 1 (PL, 54, 216).
[6] Cf. Missel romain, oraison pour la commémoration du baptême du Seigneur, le 13 janvier.
[7] Ibidem, oraison du mardi de Pâques.
[8] Const. lit., art. 102.
[9] Cf. ibidem.
[10] Const. lit., art. 103.
[11] Cf. Martyrologe abrégé syriaque (Ve siècle), éd. B. Mariani, Rome, 1956, p. 27.
[12] Const. lit., art. 111.
[13] Ibidem, art. 104.
[14] Ibidem, art. 111.

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