Le cantique
Ce mot désigne aussi le chant religieux populaire en langue française. Il faut ici distinguer le cantique qui a précédé le concile Vatican II de celui qui l'a suivi. « Depuis le XVIIIe surtout, et jusqu'au 2e concile du Vatican, tout chant en français visant à fournir aux diverses catégories de fidèles une expression de leur foi s'appelait "cantique", qu'il s'agit d'élévation spirituelle, d'exhortation morale, d'enseignement catéchétique, de prière de dévotion, de chants pour les saluts ou pour la messe, et même de textes bibliques» (Gelineau). Le cantique avait assez mauvaise réputation : les textes étaient souvent médiocres et les airs qui servaient à les chanter appartenaient parfois à la chanson profane.
« Certains clercs novateurs... substituent dans les offices même, aux mystérieuses hymnes sacrées, jugées inintelligibles, le cantique en langue vulgaire qui dit tout ce qu'il signifie : peu de chose ou rien. » (Marie Noël, Notes intimes)
Aujourd'hui encore le terme cantique est utilisé pour désigner un chant religieux dont la définition reste difficile à préciser. Certains le définiront comme une pièce qui comporte un refrain et des couplets, d'autres par le caractère peu "poétique" de son texte même si celui-ci a désormais tendance à s'inspirer principalement des textes bibliques. Beaucoup seront cependant d'accord pour dire que le genre cantique déborde largement le cadre du chant liturgique, c'est-à-dire un chant qui répond à une fonction bien précise dans l'action liturgique. Parmi ce genre cantique, on pourra ranger un certain nombre de chants qui traduisent avant tout l'expression d'un sentiment religieux : on pourrait parler de "chansons religieuses". On pourrait aussi ranger parmi les cantiques les chants qui sont destinés à la catéchèse. A toutes les époques, le cantique a joué ce rôle de chant catéchétique. Viendraient ensuite les chants qui expriment la foi et la piété chrétienne. Ces compositions lyriques sont le reflet de la piété de l'époque de leur création ce qui explique que les textes ont souvent tendance à vieillir assez rapidement. Le cantique est peut-être le chant par excellence des rassemblements chrétiens, allant de la communauté familiale aux grands pèlerinages internationaux.
(Ph. Robert, L’Abécédaire du chant liturgique, Editions Saint-Augustin, 2001.)
Des livres
- Amédée Gastoue, Le Cantique Populaire en France, Lyon, Janin, 1924.
Dans La Maison-Dieu
- Joseph Gelineau, « Notes sur le chant religieux populaire en français », La Maison-Dieu 11, 1947, p. 209-224.
- Joseph Gelineau, « Le cantique populaire en France », La Maison-Dieu 7, 1946, p. 115-125.
- Joseph Gelineau, « Enquête sur le chant religieux » La Maison-Dieu 13, 1948, p. 93-103.
- Jean-Marie Hum o.p. « Où en est le parolier de cantiques ? » La Maison-Dieu 045 (1956/1)
- Jean-Marie Hum o.p., « Le renouveau du cantique en France », La Maison-Dieu, 64, 1960, p. 159-167.
- Claude Rozier. « Hymnes et cantiques en France du XIIIe au XVIIe siècle » La Maison-Dieu 092 (1967/4)
- Jean Evenou, « De la prose au cantique. Permanence d'un thème musical » La Maison-Dieu 145 (1981/1)
Des articles
- D’Ortigues, « Cantique (Histoire du) », dans Dictionnaire liturgique, historique et théorique de plain-chant et de musique religieuse, 1854, p. 202-234.
- P. Bayard, « Où en est la question du cantique populaire », dans Revue pratique de liturgie et de musique sacrée, 1921/22, p. 314-320.
- V. d’Indy, « Le Cantique grégorien » Selecta cantica, Recueil de cent cantiques par l’abbé F. Brun, Paris, Librairie de l’art catholique, 1921, p.5-11.
- J. Debout, « La question des cantiques », dans Revue pratique de liturgie et de musique sacrée, 1922/23, p. 465-467.
- J. Delporte, « Le Cantique populaire », dans Revue pratique de liturgie et de musique sacrée, 87-88, 1924, p. 73-82.
- F. de la Tombelle, « A propos d’un livre récent [un livre posthume du chanoine Besse sur les cantiques] », dans Revue pratique de liturgie et de musique sacrée, 1924/25, p. 98-104.
- Ombrie, Dominique, « Chant d'Église, chant des hommes » Lumière et Vie, 87, 1967.
- J.-Y. Hameline, « Amilhia dans la stratégie du cantique au XIXe et XXe siècles » dans Annales de l’Institut d’Estudis occitans, 1978/3, p. 91-108.
- M. Scouarnec, Dis-moi ce que tu chantes, coll. Rites et symboles 11, Paris Cerf, 1981.
- J.-Y. Hameline, « Le cantique sur vaudeville à l’époque de Montfort et de Pellegrin », dans Ethnologie française, XI, 1981/3, p. 251-256.
- J. Gelineau, « Le Cantique populaire. Réflexion sur une enquête pour un répertoire national », dans Musique et Liturgie 4-5, Paris, 1948.
- Cl. Rozier, Histoire de dix cantiques, coll. Kinnor 10, Paris, Fleurus, 1966.
- J. Cheyronnaud, « Quand ses défauts sont les qualités du genre : le cantique (1870-1920) », dans Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, Tome 98/2, 1991, p. 247-259.
- Ph. Robert, « Le Cantique », Signes Musiques 112, 2009, p. 54-55.
- Ph. Robert, « Le Cantique grégorien », Signes Musiques 113, 2009, p. 54-55.
-
Ph. Robert, « Le Cantique », Feu Nouveau XXVII 1, 1983, p. 116-120.
Sacrosanctum Concilium