8 septembre : Nativité de la bienheureuse Vierge Marie — Ressources liturgiques - Association Sacrosanctum Concilium

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8 septembre : Nativité de la bienheureuse Vierge Marie

« La naissance de Marie, comblée de grâce, appelée à devenir la Mère du Sauveur, est une annonce de la Nativité de Jésus, prélude de la Bonne Nouvelle. Cette naissance a fait "lever sur le monde l’espérance et l’aurore du salut". C’est pourquoi l’Église nous invite à la célébrer dans la joie » (notice du Missel).

Fête

 

" Ouvre à tes serviteurs les richesses de la grâce du ciel, Seigneur, nous t’en prions : puisque la maternité de la bienheureuse Vierge Marie fut à l’origine du salut, que la fête de sa Nativité nous apporte un surcroît de paix " (Missel romain, collecte, 8 septembre).

Dans la liturgie, on célèbre les saints à leur dies natalis, une expression que l’on traduit par « naissance au ciel », c’est-à-dire donc au jour de leur mort terrestre. C’est le cas par exemple de Saint Augustin, évêque d’Hippone, mort le 28 août 430 et donc fêté le 28 août. Outre bien sûr la fête de Noël qui fait mémoire de la naissance de Jésus à Bethléem, il y a cependant deux exceptions dans le calendrier liturgique. Pour ces deux figures, on célèbre à la fois leur naissance sur terre et leur naissance au ciel. Il y a d’abord Jean-Baptiste le précurseur dont on fait mémoire de la naissance au 24 juin et de son martyre au 29 août. Mais cette double mémoire de la naissance et de la mort, vaut également pour la Vierge Marie. Si sa Dormition comme l’appelle les orientaux ou son Assomption (donc la mémoire de la fin de sa vie terrestre) est fêtée le 15 août, la fête du 8 septembre célèbre sa Nativité.  

Dans le passé, cette fête de la Nativité de Notre-Dame faisait partie des quatre grandes fêtes mariales de l’année liturgique avec l’assomption (au 15 août) et deux autres fêtes auxquelles la réforme de l’année liturgique après Vatican II a redonné leur statut de « fêtes du Seigneur » à savoir la Présentation au Temps (2 février) et l’Annonciation (25 mars).

Dans le calendrier actuel, comme la fête de la Visitation (31 mai), elle a le rang de fête et prend place à côté des trois grandes solennités mariales (1er janvier, 15 août et 8 décembre). Il existe d’autres « mémoires » de la Mère de Dieu dans l’année liturgique (par ex. Notre-Dame du Mont Carmel au 16 juillet ou Marie Reine au 22 août) mais en lui donnant le rang de « fête », le calendrier liturgique fait du 8 septembre une des grandes fêtes mariales de l’année. La différence entre une fête et une solennité est que la seconde – la solennité - commence la veille au soir (premières Vêpres) et qu’elle l’emporte normalement sur le dimanche (ce qui n’est de plus pas le cas pour le 8 décembre car les dimanches de l’Avent ont un statut privilégié). 

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Une célébration de la place de Marie dans l’histoire du salut  

C’est l’antienne d’ouverture qui donne la clé théologique pour saisir la signification de cette fête :

Célébrons dans la joie la naissance de la bienheureuse Vierge Marie : par elle s’est levé le Soleil de justice, le Christ notre Dieu.

On retrouve l’écho de cette invitation à la joie dans l’antienne du Cantique de Zacharie à Laudes :

Ta naissance, ô Marie, annonce la joie au monde. De toi s'est levé le Soleil de justice. Le Christ a changé le péché en grâce, et la mort en vie éternelle.

C’est par conséquent la joie pascale qui est désignée et c’est la Vierge en tant que Mère du Sauveur, « le Soleil de justice » et donc son rôle dans l’histoire du salut, que cette fête met en lumière comme le souligne la préface :

Car elle a conçu ton Fils unique lorsque le Saint-Esprit la couvrit de son ombre, et, gardant pour toujours la gloire de sa virginité, elle a donné au monde la lumière éternelle, Jésus, le Christ, notre Seigneur.

En affirmant que : « la maternité de la bienheureuse Vierge Marie fut à l’origine du salut », la prière d’ouverture de la messe (collecte) oriente vers une formule lumineuse inscrite cette fois dans la prière après la communion :

Qu’exulte ton Église, Seigneur, elle dont tu as refait les forces par tes saints mystères, car elle se réjouit de la Nativité de la bienheureuse Vierge Marie qui fit lever sur le monde entier l’espérance et l’aurore du salut.

De ce point de vue, la fête de ce jour célèbre la naissance de la Vierge non comme une sorte « d’anniversaire » de Marie, mais comme « l’espérance et l’aurore du salut ». On peut dire que cette célébration est tout entière orientée par le mystère de l’Incarnation. Elle l’annonce comme un avent et elle proclame la place de l’Incarnation dans l’alliance que Dieu a nouée avec toute l’humanité.

Sous le titre « Voici l'aurore avant le jour », l’hymne de l’office des lectures pour cette fête est une expression particulièrement profonde et poétique de ces vues essentielles sur le rôle de Marie dans l’histoire du salut :

Voici l'aurore avant le jour,
Voici la mère virginale,
La femme promise au début des âges.
Elle a bâti sa demeure
Dans les vouloirs du Père.

Aucune peur, aucun refus,
Ne vient troubler l'œuvre de grâce,
Son cœur est rempli d'ineffable attente.
Elle offre à Dieu le silence
Où la Parole habite.

Sous le regard qui lui répond,
Les temps nouveaux tressaillent en elle,
L'avent mystérieux du Royaume à naître.
L'Esprit la prend sous son ombre
Et doucement la garde.

Voici l'épouse inépousée,
Marie, servante et souveraine,
Qui porte en secret le salut du monde.
Le sang du Christ la rachète
Mais elle en est la source[1].

Une fête sous le signe de la joie

Sous le titre « la joie entre dans le monde » l’Office des Lectures de la fête comporte un passage tiré d’une homélie de S. André de Crète, un auteur, théologien et compositeur d’hymnes, du début du VIIIe siècle (mort en 740) qui fut moine à Jérusalem puis à Constantinople. Ce texte célèbre l’accomplissement dans le Christ de l’œuvre divine de la grâce, à savoir la divinisation de l’homme :

En effet, c’est en cela que consiste l’essentiel des bienfaits du Christ ; c’est là que le mystère se manifeste, que la nature est renouvelée : Dieu s’est fait homme et l’homme assumé est divinisé.

C’est dans ce sillage que cet auteur essentiel pour la tradition liturgique byzantine place la célébration de la Nativité de la Vierge Marie :

Il a donc fallu que la splendide et très manifeste habitation de Dieu parmi les hommes fût précédée par une introduction à la joie, d’où découlerait pour nous le don magnifique du salut.

L’habitation de Dieu parmi les hommes renvoie au Prologue de l’Évangile de Jean (Jn 1, 14 : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous »), et l’auteur relie étroitement la naissance de Marie avec le mystère de l’Incarnation abordé comme « union du Verbe avec la chair : « la naissance de la Mère de Dieu inaugure le mystère qui a pour conclusion et pour terme l’union du Verbe avec la chair ». Il peut alors entonner une sorte de chant exaltant la joie de ce jour de fête :

Que toute la création chante et danse, qu’elle contribue de son mieux à la joie de ce jour. Que le ciel et la terre forment aujourd’hui une seule assemblée. Que tout ce qui est dans le monde et au-dessus du monde s’unisse dans le même concert de fête. Aujourd’hui, en effet, s’élève le sanctuaire créé où résidera le Créateur de l’univers ; et une créature, par cette disposition toute nouvelle, est préparée pour offrir au Créateur une demeure sacrée.

Un lien avec l'histoire de Jérusalem 

Cette fête est d’origine orientale et plus précisément de Jérusalem. Elle s’enracine dans le culte de la Vierge Marie qui se développe après le Concile d’Éphèse, qui en 431avait proclamé Marie, Mère de Dieu. Par cette affirmation, sous l’influence de Cyrille d’Alexandrie, le troisième concile œcuménique visait non seulement la doctrine mariologique mais d’abord la divinité du Christ.

La date du 8 septembre serait celle de la dédicace de la Basilique Sainte-Anne à Jérusalem, érigée sur le lieu où, selon la tradition, Joachim et Anne, les parents de Marie, auraient demeuré. De Jérusalem, cette fête aurait été importée d’abord à Constantinople puis introduite en Occident au début du VIIIe.

Le culte de la Vierge Marie à Jérusalem a sans doute été assez important, en raison notamment de la présence de son tombeau, vénéré encore de nos jours. On érigea ainsi une grande église consacrée à la Vierge Marie, sous le titre de Sainte-Marie, Mère de Dieu, en grec Theotokos) le titre précisément attribué à la Vierge Marie par le Concile d’Ephèse.  Commencée au début du VIe siècle, cet édifice byzantin très majestueux (115 m de long et 57 m de large) fut achevé en 543 sur l’ordre de l'empereur Justinien Ier. Un pèlerin anonyme originaire de Plaisance la mentionne dans son récit de voyage que l’on date de 570. Mais surtout cette église de Jérusalem figure sur la célèbre mosaïque de Madaba (datée du VIe s. et donnant une carte de la ville) alors que des fouilles archéologiques à l’époque contemporaine ont confirmé l’emplacement indiqué par la mosaïque.

Désignée comme Sainte-Marie-La-Neuve ou simplement « la Nea » (la « nouvelle » église), elle fut un lieu important de la vie liturgique à Jérusalem à l’époque byzantine. A la cour de Constantinople, l’historien Procope (milieu VIe siècle) en donne une description détaillée pour magnifier le rôle de Justinien dans la construction. L’édifice sera endommagé lors de conquête de la ville sainte par les Perses en 614, puis détruit lors du tremblement de terre de 746.

Art et bibliographie

Dans l’Orient byzantin dont le calendrier liturgique commence au 1er septembre, cette fête occupe donc une place de choix au début de l’année. Elle a donné lieu à une importante production iconographique. Voir à ce propos :  Léonide Ouspensky et Vladimir Lossky, Le Sens des icônes, Paris, Cerf, 2004, p. 130-132.

Dans l’art chrétien en Occident, le thème est également présent : il a été représenté en particulier par Lorenzo Lotto (Chiesa di San Michele al Pozzo Bianco, Bergame, 1524) ou par Bartolomé Esteban Murillo, dans un tableau pour une chapelle de la cathédrale de Séville (1661) qui est exposé aujourd’hui au musée du Louvre.

En soulignant le parallèle entre naissance de Marie et naissance du Christ, certaines représentations cherchent à manifester la généalogie affirmée en St Matthieu (Mt 1, 16 « Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ ») et reprise par l’ange dans le récit de l’annonce à Joseph, texte qui constitue l’Évangile de cette fête (Mt 1, 18-23) :

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1, 20b-21).

                               (note du frère Patrick Prétot) 

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Pour la messe 

→ En blanc

→ Gloria   

→ Dans la prière eucharistique :

Préface de la bienheureuse Vierge Marie, n° 1 (la Nativité) ou n° 2.

P.E. I      ▶Unis dans une même communion,
nous célébrons le jour de la naissance de la Vierge Marie,
que tu as choisie depuis toujours
pour être la mère du Sauveur ;
et vénérant d’abord la mémoire
de cette Vierge bienheureuse,
la Mère de notre Dieu et Seigneur, Jésus Christ, † 

P.E. II     ▶ Toi qui es vraiment saint,
toi qui es la source de toute sainteté, Dieu notre Père,
nous voici rassemblés devant toi,
et, dans la communion de toute l’Église,
nous célébrons le jour de la naissance de la Vierge Marie,
que tu avais choisie depuis toujours pour être la mère
de notre Rédempteur et Sauveur, Jésus Christ.
Par lui, nous te prions : † 

P.E. III    ▶ C’est pourquoi nous voici rassemblés devant toi, Dieu notre Père,
et, dans la communion de toute l’Église,
nous célébrons le jour de la naissance de la Vierge Marie,
que tu avais choisie depuis toujours pour être la mère
de notre Rédempteur et Sauveur, Jésus Christ.
Par lui, nous te supplions de consacrer toi-même
les offrandes que nous apportons : † 

→ On peut employer une formule de bénédiction solennelle.

 

► Pour les extraits du missel cités dans cet article, voir Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, pp. 769-771, avec l’autorisation @AELF

► Pour les lectures de la messe et les offices des heures, voir sur le site de l'AELF (Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones)

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Les fêtes mariales dans la revue LMD

Les articles sur les fêtes mariales parus dans la revue La Maison-Dieu

  • Sacrosanctum Concilium 110

    Extrait de la Constitution Sacrosanctum Concilium

    Carême.

    SC 110. La pénitence du temps de Carême ne doit pas être seulement intérieure et individuelle, mais aussi extérieure et sociale. La pratique de la pénitence, selon les possibilités de notre époque et des diverses régions, et selon les conditions des fidèles, sera favorisée et, par les autorités mentionnées à l'article 22, et recommandée.
    Cependant, le jeûne pascal, le vendredi de la passion et de la mort du Seigneur, sera sacré ; il devra être partout observé et, selon l'opportunité, être étendu au Samedi saint pour que l'on parvienne avec un cœur élevé et libéré aux joies de la résurrection du Seigneur.


    ► Voir commentaire dans La Maison-Dieu 77, 1964

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