Solennité de l'Épiphanie du Seigneur
Fra Angelico, 1433, prédelle de l'Annonciation de Cortone
Solennité
Jusqu’au pays qui l’a méconnu
Ils ont cherché le Sauveur attendu.
Ils vont dans la nuit :
La foi les conduit.
Heureux le cœur qui recherche Jésus !
(Hymne A l'Orient l'étoile a paru, FP557, Didier Rimaud - Henri Carol)
La solennité de l'Épiphanie est célébrée, en Occident, le 6 janvier ou le dimanche qui suit le 1er janvier, lorsque le 6 janvier n'est pas férié (ce qui est le cas en France). Cette date correspondait au solstice d'hiver dans plusieurs pays d'Orient où était célébrée la nativité du Sauveur, comprenant l'adoration des bergers et des mages (à Jérusalem) mais aussi la commémoration du baptême de Jésus (en Egypte) et de son premier miracle à Cana (selon saint Épiphane, évêque à Chypre).
La liturgie romaine déploie ces signes complémentaires de la Révélation en déroulant ces fêtes durant le temps de Noël. Seule la liturgie des Heures a conservé l'unité des trois évènements dans l'antienne du cantique évangélique (Benedictus à Laudes et Magnificat à Vêpres : « Nous célébrons trois mystères en ce jour : aujourd’hui l’étoile a conduit les mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia. ».
Théologie et sens de la solennité
La Collecte et la Préface propres à cette solennité (@AELF) situent parfaitement l'Épiphanie :
Aujourd'hui, Seigneur Dieu, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l'étoire qui les guidait ... (Collecte)
Aujourd'hui tu as dévoiulé dans le Christ le mystère de notre salut pour que tous les peuples en soient illuminés ... (Préface)
Et elles en donnent la portée de sens pour nous ajourd'hui :
... accorde-nous dans ta bonté, à nous qui te connaissons déjà par la foi, d'être conduits jusqu'à la claire vision de ta splendeur (Collecte).
... et quand le Christ s'est manifesté dans notre nature mortelle, tu nous as renoujvelés par la gloire de son immortalité (Préface).
Nous le percevons bien dans ces prières : c'est bien à la fois de la manifestation du fils de Dieu dans notre humanité et de notre rédemption par le mystère de la Croix, qu'il s'agit. Et cela « pour que tous les peuples en soient illuminés ». Ainsi la Révélation s'étend de Jérusalem à toutes les nations pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Les lectures de cette belle fête l'expriment aussi clairement, nous faisant entendre la prophétie d'Isaïe : « Debout Jérusalem... les nations marcheront vers ta lumière », la conviction profonde de saint Paul « ce mystère, c'est que toutes les nations sont asociés au même héritage, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus », et l'évangile de Matthieu narrant l'épisode de la visite des mages suivant l'étoile (Mt 2, 1-12).
Prière : "Seigneur, nous n'avons plus ni or, ni encens, ni myrrhe à déposer à tes pieds, mais nous accueillons d'un coeur aimant le mystère auquel tu as voulu nous faire participer. Reçois nos vies et guide-les vers ta clarté infinie" (inspirée des prières sur les offrandes et après la communion).
Références
- Pierre Jounel, « Le temps de Noël », dans L'Église en prière - tome IV La liturgie et le temps, Desclée, 1983, p. 91-104
- La Maison-Dieu 59, 3ème trimestre 1959
- Quel est le sens de l'Epiphanie ? (vidéo avec Robert Scholtus dans Le Jour du Seigneur)
Tropaire " UN ASTRE NOUVEAU S'EST LEVÉ "
[Auteur : CFC (Commission Francophone Cistercienne)
Compositeur : Jacques Berthier - Éditeur : Sodec
Cote Secli : FX148 / FLH148]
Stance
Un astre nouveau s'est levé.
Ils sont partis dans la nuit
sur le sentier des âges
pour adorer le Roi.
Un enfant les attend :
il ouvre ses bras
au monde entier.
Refrain
Joie de l'univers,
voici l 'aurore du Royaume !
1. Allons nous prosterner
devant le Seigneur des seigneurs,
le Créateur des étoiles.
2. Offrons nos vies
au Prince de la paix,
Soleil qui vient nous visiter.
3. Proclamons la merveille
aux peuples des ténèbres :
notre Dieu est lumière.
~ ~ ~ ~ ~
Sermon de saint Léon le Grand pour la fête de l'Épiphanie
(...) Mes bien-aimés, instruits par les mystères de la grâce divine, célébrons dans la joie de l'Esprit le jour de nos débuts et le premier appel des nations. Rendons grâce au Dieu de miséricorde qui, selon saint Paul, nous a rendus capables d'avoir part, dans la lumière, à l'héritage du peuple saint ; qui nous a arrachés au pouvoir des ténèbres, et nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé. Ainsi que l'annonça le prophète Isaïe : Le peuple des nations, qui vivait dans les ténèbres, a vu se lever une grande lumière, et sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi. Le même prophète a dit à ce sujet : Les nations qui ne te connaissaient pas t'invoqueront ; et les peuples qui t'ignoraient accourront vers toi. Ce jour-là, Abraham l'a vu, et il s'est réjoui lorsqu'il découvrit que les fils de sa foi seraient bénis dans sa descendance, c'est-à-dire dans le Christ ; lorsqu'il aperçut dans la foi qu'il serait le père de toutes les nations ; il rendait gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d'accomplir ce qu'il a promis.
Ce jour-là, David le chantait dans les psaumes : Toutes les nations, toutes celles que tu as faites, viendront t'adorer, Seigneur, et rendre gloire à ton nom. Et encore : Le Seigneur a fait connaître son salut, aux yeux des païens révélé sa justice.
Nous savons bien que tout cela s'est réalisé quand une étoile guida les trois mages, appelés de leur lointain pays, pour leur faire connaître et adorer le Roi du ciel et de la terre. Cette étoile nous invite toujours à suivre cet exemple d'obéissance et à nous soumettre, autant que nous le pouvons, à cette grâce qui attire tous les hommes vers le Christ. ~
Dans cette recherche, mes bien-aimés, vous devez tous vous entraider afin de parvenir au royaume de Dieu par la foi droite et les bonnes actions, et d'y resplendir comme des fils de lumière ; par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.
Sacrosanctum Concilium