Fête du Baptême du Seigneur
cc
Fête
Le Fils de Dieu sort du Jourdain,
sur lui repose l'Esprit
et le Père le glorifie :
baptisés dans l'eau et le feu,
nous devenons enfants de Dieu :
désormais, les cieux sont ouverts.
(Tropaire Le fils de Dieu sort du Jourdain, Fr. Marie, CFC)
La fête du Baptême du Seigneur fut associée, en occident, à l'octave de Noël à partir du VIIIe siècle, puis vint à l'octave de l'Épiphanie au XVIIIe siècle.
Les deux prières d'ouverture, au choix, nous donnent admirablement le sens de cette fête :
Dieu éternel et tout-puissant, quand le Christ fut baptisé dans le Jourdain, et que l'Esprit Saint descendit sur lui, tu l'as manifesté solennellement comme ton Fils bien-aimé; accorde à tes enfants d'adoption, qui ont reçu la nouvelle naissance de l'eau et de l'Esprit, d'être toujours fidèles à ce qui te plaît... (Collecte du Baptême du Seigneur, Missel romain, AELF)
Seigneur Dieu, c'est dans la réalité de notre chair que ton Fils unique est apparu ; puisqu'à son aspect extérieur, nous l'avons reconnu semblable à nous, fais que par lui nous soyons intérieurement transformés... (Deuxième Collecte, au choix).
Comme le dit aussi la Préface du jour, le baptême de Jésus préfigure le baptême nouveau auquel nous avons été appelés et qui nous configure au Christ pour faire de nous des fils et des filles de Dieu.
Dans les eaux du Jourdain,
tu as préfiguré par d’admirables mystères le baptême nouveau.
Une voix venue du ciel
atteste que ton Verbe habite parmi les hommes.
Par l’Esprit descendu sous l’aspect d’une colombe,
le Christ, ton Serviteur, reçoit l’onction d’allégresse :
il est reconnu comme le messager de la Bonne Nouvelle aux pauvres (Préface, Missel romain, AELF)
Cette fête nous rappelle combien Jésus le Christ prit en tout point, excepté le péché, notre nature humaine pour nous conduire au Père.
C'est pourquoi - bien que sans péché - il se fit baptiser par Jean comme l'expriment clairement l'évangile de Matthieu (3, 13-17 année A) et l'évangile de Marc (1, 7-11 année B). Le troisième évangile synoptique (Luc 3, 15-16, 21-22 année C) est moins explicite car s'il dit bien que Jean baptisait les foules (v. 15-16), il ajoute seulement (v. 21) que Jésus a été baptisé lui-aussi, sans donner de précision (on lit même au verset 20 que Jean était enfermé en prison !).
Quant à l'évangile de Jean, il ne parle pas de l'épisode du baptême de Jésus. Sans-doute faut-il voir dans ces omissions une certaine réticence à évoquer cet évènement, dans lequel le Christ s'abaisse jusqu'à se faire baptiser par un homme, fut-il le plus grand ! D'ailleurs, Matthieu souligne qu'il a fallu que Jésus ordonne à Jean de le baptiser, et les deux autres synoptiques ne manquent pas de préciser que le Christ est plus fort que Jean ! (Voir les lectures du jour sur le site AELF)
Prière : " Seigneur qui nous a révélé ton Fils bien-aimé, lors de son baptême dans le Jourdain, accorde-nous de l'écouter fidèlement pour être dignes d'être appelés tes fils et tes filles, et l'être vraiment depuis notre baptême" (inspirée des prières sur les offrandes et après la communion, Missel romain, AELF)
► Selon le Missel : " Là où la solennité de l'Épiphanie est reportée au dimanche, si ce dimanche tombe le 7 ou le 8 janvier, la fête du Baptême du Seigneur est célébrée le lundi suivant " ; " Le lendemain de la fête du Baptême du Seigneur commence le Temps ordinaire, qui court jusqu'au mercredi des Cendres ".
Quelques références
- Joseph Lemarié, osb, « Le baptême du Seigneur dans le Jourdain d'après les textes scripturaires en usage dans les Eglises d'Orient et d'Occident », LMD 59, 3/1959
- Dominique Cadet, « Le baptême du Christ dans l'Écriture » sur le site liturgie.catholique.fr
- Louis-Marie Chauvet, « Du baptême du Seigneur au baptême au nom du Seigneur » sur le site liturgie.catholique.fr
Hymne " ADAM S'ÉLOIGNE "
[Auteur : CFC (Frère David) - Compositeur : Philippe Robert
Éditeur : Sodec - Cote Secli : FP20-24-1 / F20-24-1]
1.
Adam s'éloigne,
Il a quitté les rives du pays d'Eden.
Il n'entend plus
la voix qui l'appelait dans le jardin.
Penché sur les eaux sombres, les yeux ouverts,
Il ne voit plus l'image de son Dieu.
2.
L'enfant tressaille :
Un chant nouveau l'éveille aux profondeurs du sein ;
Les yeux fermés,
il danse quand s'approche le Seigneur :
Dès l'ombre originelle, le Saint Esprit
L'a consacré prophète du Très-Haut.
3.
Tout va renaître :
Dans le désert un cri a devancé le jour,
Pour annoncer
Celui qui sanctifie toutes les eaux.
Debout au bord du fleuve, rempli de joie,
Le Précurseur attend l'Élu de Dieu.
4.
Adam s'approche,
Il a rejoint les rives du pays d'exil.
Les eaux refluent
avant de se livrer au Feu vivant,
Lumière en qui s'épousent le ciel et l'eau,
Resplendissante image de son Dieu.
→ Voir un commentaire de l'hymne :
Fr. David d'HamonvilIe, "Le Christ dans l'hymne : trois exemples",
dans La Maison-Dieu 210, 1997/2, 97-106 :
~ ~ ~
Sermon de saint Grégoire de Naziance
Le Christ est illuminé par le baptême, resplendissons avec lui ; il est plongé dans l'eau, descendons avec lui pour remonter avec lui. ~
Jean est en train de baptiser, et Jésus s'approche ; peut-être pour sanctifier celui qui va le baptiser ; certainement pour ensevelir tout entier le vieil Adam au fond de l'eau. Mais avant cela et en vue de cela, il sanctifie le Jourdain. Et comme il est esprit et chair, il veut pouvoir initier par l'eau et par l'Esprit.
Le Baptiste n'accepte pas de le baptiser. Jésus insiste. Mais : C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi. Voilà comment la lampe s'adresse au soleil, la voix à la Parole, l'ami de l'Époux à l'Époux, le plus grand des enfants des femmes au premier-né de toute la création ; celui qui avait bondi dans le sein de sa mère à celui qui avait été adoré dans le sein de la sienne, le précurseur présent et futur à celui qui vient d'apparaître et qui réapparaîtra. C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi. Que Jean ajoute donc : et en me sacrifiant pour toi. Il savait en effet qu'il recevrait le baptême du martyre ; ou, comme Pierre, que ses pieds ne seraient pas seuls purifiés. ~
Mais voici Jésus qui remonte hors de l'eau. En effet, il porte le monde. Avec lui, il le fait monter ; il voit les cieux se déchirer et s'ouvrir, alors qu'Adam les avait fermés pour lui et sa descendance, quand il fut expulsé du paradis que défendait l'épée de feu.
Alors l'Esprit atteste sa divinité, car il accourt vers celui qui est de même nature. Une voix descend du ciel, pour rendre témoignage à celui qui en venait ; et, sous l'apparence d'une colombe, elle honore le corps, puisque Dieu, en se montrant sous une apparence corporelle, divinise aussi le corps. C'est ainsi que, bien des siècles auparavant, une colombe est venue annoncer la bonne nouvelle de la fin du déluge. ~
Pour nous, honorons aujourd'hui le baptême du Christ, et célébrons cette fête de façon irréprochable. ~
Soyez entièrement purifiés, et purifiez-vous encore. Car rien ne donne à Dieu autant de joie que le redressement et le salut de l'homme : c'est à cela que tend tout ce discours et tout ce mystère. Soyez comme des sources de lumière dans le monde, une force vitale pour les autres hommes. Comme des lumières parfaites secondant la grande Lumière, soyez initiés à la vie de lumière qui est au ciel ; soyez illuminés avec plus de clarté et d'éclat par la sainte Trinité, dont vous avez reçu maintenant, d'une façon restreinte, un seul rayon, venant de l'unique divinité, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.(Office des lectures pour la fête du baptême du Seigneur, AELF)
Sacrosanctum Concilium