Le 3ème dimanche de Carême
Jésus et la Samaritaine. Vitrail du XIXème. Oeuvre de l'atelier LORIN. Egl. Saint Aignan. Chartres (28) France.
* Le temps du Carême est ordonné à la préparation de la célébration de Pâques : la liturgie du Carême dispose en effet les catéchumènes (qui se préparent au baptême à Pâques), par les divers degrés de l’initiation chrétienne, et les fidèles, par la commémoration du baptême et par la pénitence, à célébrer le mystère pascal (SC 109). Le temps du Carême va du mercredi des Cendres, inclus, à la messe du jeudi saint exclusivement. (Normes universelles de l’année liturgique, n. 27-28)
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Appelés à une conversion...
« Tu nous a montré comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; accueille favorablement l’aveu de notre faiblesse, et... que ta miséricorde nous relève sans cesse… » (extrait de la collecte du 3ème dimanche de Carême, Missel romain, éd. 2021, p. 111 @ AELF)
Pour le troisième dimanche de Carême
- Normalement, s'il y en a, l’assemblée dominicale du 3ème dimanche de Carême comporte le premier "scrutin" proposé aux catéchumènes qui se préparent à recevoir le baptême à Pâques. Le scrutin (le nom désigne le fait que les catéchumènes se laissent scruter par Dieu) est une prière particulière pour les catéchumènes, avec imposition de la main par le célébrant principal, afin d’affermir leur cœur pour qu’ils discernent "ce qu’il y a de faible, de malade et de mouvais pour le guérir" et "ce qu’il y a de bien, de bon et de saint", et afin d’approfondir "leur désir de salut et la découverte de tout ce qui s’y oppose" (cf. Rituel de l’initiation chrétienne des adultes [RICA], n. 148-151).
S'il y a des catéchumènes, l’évangile du jour est la rencontre de Jésus avec la Samaritaine (année A, B ou C) qui constitue l’un des trois grands évangiles de l’initiation chrétienne qui invite à découvrir qui est celui qui donne l’eau vive et qui ouvre notre désir de Dieu.
Extrait d’une des prières de scrutin prévues par le RICA
Dieu qui as envoyé ton Fils pour qu’il soit notre Sauveur,
Nous te confions ces catéchumènes :
Ils sont comme cette femme de Samarie
qui voulait puiser de l’eau vive ;
qu’ils se laissent convertir par la parole du Christ,
qu’ils reconnaissent les entraves de leur faiblesse, et leur péché.
Ne permets pas qu’en se fiant à leur seule force
ils soient égarés par la puissance du Mauvais.
Mais délivre-les de l’esprit de mensonge,
afin qu’en reconnaissant leurs fautes,
Ils puissent être purifiés intérieurement
et progresser sur la voie du salut.
- S’il n’y a pas de catéchumènes, l’évangile est celui de la rencontre avec la Samaritaine l’année A, le signe du Temple l’année B (Jésus chasse les marchands du temple), ou l’appel à la conversion l’année C (avec la parabole du figuier qui ne donne pas de fruit). »
« Dirige notre cœur, Seigneur, et dans ta bienveillance, donne à ceux qui te servent d’accomplir pleinement tes commandements en demeurant dans l’amour pour toi et pour leurs frères et sœurs. » (prière tirée de la prière sur le peuple du 3ème dimanche de Carême, Missel romain, @ AELF)
COMMENTAIRE DE SAINT AUGUSTIN SUR L'ÉVANGILE DE JEAN
L'eau vive
Arrive une femme. Elle représente l'Église ; l'Église qui n'était pas encore justifiée, mais déjà appelée à la justification. Car c'est de cela qu'il est question. Elle arrive sans savoir, elle trouve Jésus, et la conversation s'engage.
Voyons comment, voyons pourquoi arrive une femme de Samarie qui venait puiser de l'eau. Les Samaritains n'appartenaient pas au peuple des Juifs, car à l'origine ils étaient des étrangers. ~ C'est un symbole de la réalité qu'arrive de chez les étrangers cette femme qui était l'image de l'Église, car l'Église devait venir aussi des nations païennes, être étrangère à la descendance des Juifs.
Écoutons-la donc : en elle, c'est nous qui parlons ! Reconnaissons-nous en elle et, en elle, rendons grâce à Dieu pour nous. Elle était la figure, non la vérité ; car elle-même a présenté d'abord la figure, et la vérité est venue. Car elle a cru en celui qui, en elle, nous présentait cette préfiguration. Donc, elle venait puiser de l'eau, tout simplement, comme font ordinairement des hommes ou des femmes.
Jésus lui dit : Donne-moi à boire. (En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter de quoi manger). La Samaritaine lui dit : Comment, toi qui es Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? En effet, les Juifs ne veulent rien avoir en commun avec les Samaritains.
Vous voyez que c'étaient bien des étrangers : les Juifs n'employaient jamais leurs récipients. Et, parce que cette femme avait emporté une cruche pour puiser l'eau, elle s'étonne de ce qu'un Juif lui demande à boire, ce qui n'était pas la coutume des Juifs. Mais celui qui cherchait à boire avait soif de la foi de cette femme.
Écoute enfin quel est celui qui demande à boire. Jésus lui répondit : Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est toi qui lui aurais demandé, et il t'aurait donné de l'eau vive. Il demande à boire, et il promet à boire. Il est dans le besoin, comme celui qui va recevoir, et il est dans l'abondance, comme celui qui va combler. Si tu savais le don de Dieu, dit-il. Le don de Dieu, c'est l'Esprit Saint. Mais Jésus parle encore à cette femme de façon cachée et peu à peu il entre dans son cœur. Peut-être l'instruit-il déjà. Qu'y a-t-il de plus doux et de plus bienveillant que cette invitation : Si tu savais le don de Dieu, si tu connaissais celui qui te dit : Donne-moi à boire, c'est peut-être toi qui demanderais, et il te donnerait de l'eau vive. ~
Quelle eau va-t-il lui donner, sinon cette eau dont il est dit : En toi est la source de vie ? Comment auraient-ils soif, ceux qui seront enivrés par les richesses de ta maison ?
Il promettait donc la nourriture substantielle et le rassasiement de l'Esprit Saint, mais la femme ne comprenait pas encore. Et, parce qu'elle ne comprenait pas, que répondait-elle ? La femme lui dit : Seigneur, donne-la moi, cette eau : que je n'aie plus soif, et que je n'aie plus à venir ici pour puiser. Sa pauvreté l'obligeait à peiner, et sa faiblesse refusait cette peine. Elle aurait dû entendre cette parole : Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos ! Jésus lui disait cela pour qu'elle cesse de peiner. Mais elle ne comprenait pas encore.
Répons
(Stance) Si tu savais le don de Dieu,
tu boirais à la Source éternelle !
Proche est la Pâque de ta vie.
Dieu va renaître de ta nuit.
Peuple de Dieu, attends la joie,
veille dans l'espérance,
peuple de Dieu, chante ta foi !
R/ Source nouvelle,
intarissable don du Père, Jésus Christ !
(AELF — Office des lectures — 8 mars 2026)
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Pour tout le temps du Carême
► Pour des textes et des hymnes sur le site de la CFC (Commission Francophone Cistercienne)
► " En quels pays de solitude ", une hymne... pour tout le temps du Carême, couplet 3
Ne forez plus vos puits d’eau morte :
Vous savez bien le don de Dieu
Et quelle est sa grâce, et son jeu :
Il vous immerge, il vous rénove !
La vie s’élève peu à peu,
Les champs sont dorés sous vos yeux ;
Embauchez-vous où Dieu moissonne !
(D. Rimaud)
En quels pays de solitude (texte Didier Rimaud - musique Joseph Gelineau) - Petits Chanteurs de Strasbourg · Maitrise de l’Opéra National du Rhin · Philippe Utard CédéSignes 62 Carême ℗ Bayard Musique.
Sacrosanctum Concilium