Le dimanche chrétien
Dès la toute première communauté chrétienne de Jérusalem, le dimanche - premier jour de la semaine (le sabbat juif du "samedi" étant le dernier jour de la semaine) - fut marqué par la célébration de la Pâque du Christ Jésus. Tout en continuant à pratiquer le culte au Temple, ces disciples de Jésus se réunissait le dimanche avant l'aube et après le coucher du soleil pour faire mémoire de la mort et de la résurrection du Fils de Dieu, comme nous le rapporte les Actes des apôtres (Act 20, 7 ...). Et depuis ces premiers temps, non seulement l'Église n'a cessé de faire mémoire de la mort et de la résurrection du Christ chaque dimanche, malgré des vicissitudes des différentes époques (martyrs des premiers siècles, guerres, industrialisation, sécularisation...), mais elle a toujours insisté pour affirmer que "la célébration du dimanche" est décvisive pour la vie chrétienne et la vie de l'Église elle-même.
Cette célébration du dimanche prend différentes formes (prière, partage fraternel, charité, célébration des sacrements, fête et repos pour Dieu...) mais c'est surtout la célébration liturgique de l'eucharistie au sein de la communauté chrétienne rassemblée qui en est le coeur. On peut même affirmer que durant le premier millénaire, l'eucharistie était spécifiquement la liturgie du dimanche dans laquelle est fait mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur. Aujourd'hui encore, le dimanche est marqué essentiellement par la célébration de la messe qui rassemble l'Eglise en un lieu, dans laquelle se déploient la Parole de Dieu et la sainte Cène du Seigneur. La convocation des fidèles le dimanche pour faire mémoire de la Pâque du Seigneur est si décisive pour l'Eglise et pour chacun, que lorsque les fidèles ne peuvent rejoindre une messe, ils sont appelés à se réunir pour célébrer la Parole de Dieu.
La Lettre apostolique du pape Jean-Paul II Dies Domini sur le dimanche l'exprime clairement dès son n°1 :
Le jour du Seigneur — ainsi que fut désigné le dimanche dès les temps apostoliques — a toujours été particulièrement honoré dans l'histoire de l'Église, à cause de son lien étroit avec le cœur même du mystère chrétien. En effet, dans le rythme hebdomadaire, le dimanche rappelle le jour de la résurrection du Christ. C'est la Pâque de la semaine, jour où l'on célèbre la victoire du Christ sur le péché et sur la mort, l'accomplissement de la première création en sa personne et le début de la « création nouvelle » (cf. 2 Co 5,17). C'est le jour où l'on évoque le premier jour du monde dans l'adoration et la reconnaissance, et c'est en même temps, dans l'espérance qui fait agir, la préfiguration du « dernier jour », où le Christ viendra dans la gloire (cf. Ac 1,11; 1 Thess 4,13-17) et qui verra la réalisation de « l'univers nouveau » (cf. Ap 21,5).
Puisque « la résurrection de Jésus constitue la donnée première sur laquelle repose la foi chrétienne », il n'est pas étonnant que ce soit le jour du dimanche - jour de sa résurrection le lendemain du sabbat de Pâques - qui ait été retenu pour faire mémoire de Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14, 6) pour l'humanité selon la foi de ses disciples. Le dimanche se fait ainsi, non seulement le jour de Dieu (premier jour de la création et 8e jour de l'accomplissement de l'Alliance scellée par Dieu), mais aussi jour de la Christ (jour de sa résurrection et de l'envoi de son Esprit), et donc jour de l'Église qui se reçoit de lui par l'Esprit Saint (jour de l'assemblée eucharistique qui fait Eglise) et jour de l'homme (jour de joie, de repos et de solidarité pour les humains). Il vaut la peine de lire la très belle lettre de Jean-Paul II Dies Domini : Le jour du Seigneur !
> Voir la note synthétique sur le devoir dominical, présentée par la Commission épiscopale de liturgie à l'Assemblée plénière des évêques à Lourdes en 1988
> Voir le dossier "Le dimanche, jour du Seigneur" sur le site de la Conférence des évêques de France : liturgie.catholique.fr
Principales références :
- Jean-Paul II, Le jour du Seigneur - DIes Domini, Lettre apostolique, 1998
- Les nombreux articles sur le sujet parus dans La Maison-Dieu
- Les nombreux articles publiés dans la revue Célébrer du CNPL, éd. du Cerf, entre 2001 et 2005
Ressources bibliographiques essentielles :
- Bernard Botte,Jean Cassien, Jean Danielou, etc., Le dimanche, éd. du Cerf, coll. Lex orandi n°39, 1965
- Centre de pastorale litrugique, Le jour du Seigneur (Congrès de Lyon 1947), éd. Robert Laffont, 1948
- Willy Rordorf, « Ursprung und Bedeutung der Sonntagsfeier im frühen Christentum. Der gegenwärtige Stand der Forschung”, in Liturgisches Jahrbuch n°31, 1981 ; traduction française « Origine et signification de la célébration du dimanche dans le christianisme primitif. État actuel de la recherche », La Maison-Dieu 148, 1981, 103-122
- Pierre Jounel, « Le dimanche et la semaine », dans A.G. Martimort (dir), L'Église en Prière, vol. IV, éd. Desclée, 1983
- Alain Cabantous, Le dimanche : une histoire – Europe occidentale (1600 - 1830), éd. du Seuil, 2013
- Dossier « Eucharistie, assemblée, dimanche » publié dans la revue Célébrer 316, 2002
- Philippe Barras, « Une pastorale du mystère pascal », publié dans la revue Célébrer 327, 328, 329 et 330, 2004
- Patrick Prétot, « Eucharistie, assemblée, dimanche », Études 2006/4, Tome 404, 497-507 (disponible sur Cairn)
- Philippe Barras, « Le rite dominical », dans Jean-Louis Souletie (dir), La liturgie: une piété moderne, éd. Salvator, 2016, 29-44
- Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, Le dimanche - Un art de célébrer et de vivre, éd. Mame, coll. Célébrer, 2022
Sacrosanctum Concilium