6 août : Transfiguration du Seigneur — Ressources liturgiques - Association Sacrosanctum Concilium

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6 août : Transfiguration du Seigneur

La transfiguration de Raphaël (1516-1520) - Musées du Vatican

« Quarante jours avant la fête de la Croix glorieuse, la Transfiguration du Seigneur rappelle comment le Christ voulut "préparer le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix", mais elle est aussi une annonce de la "pleine adoption" qui fait de tous les croyants des fils de Dieu en son Fils Jésus, et de la clarté dont resplendira un jour le corps entier de l’Église » (notice du Missel).

Fête du Seigneur


" Seigneur Dieu, dans la transfiguration glorieuse de ton Fils unique, tu as confirmé par le témoignage de Moïse et d’Élie la vérité des mystères de la foi, et tu as donné à l’avance un signe merveilleux de notre pleine adoption filiale ; accorde aux serviteurs que nous sommes d’écouter la voix de ton Fils bien-aimé, afin de pouvoir devenir avec lui tes héritiers " (collecte du 6 août, Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, p. 740 @AELF).

Sens de la fête

Cette fête de la Transfiguration au 6 août comporte une dimension œcuménique fondamentale : elle est commune aux Églises d’Orient - et notamment au monde byzantin (grec, slave, roumain etc.) et à l’Église catholique romaine. De plus, bon nombre de communautés protestantes font mémoire de cet événement évangélique mais dans le sillage de l’Épiphanie soulignant ainsi que l’épisode de la Transfiguration est une « manifestation » divine (c’est le sens du mot grec « Épiphanie »).

Elle renvoie au récit évangélique de la Transfiguration dont nous possédons trois versions : celles de l’Évangile Matthieu (Mt 17,1-9) et de Marc (Mc 9,2-13) qui sont assez proches, et celle de Luc (Lc 9,28-36) qui apporte des notations spécifiques. La liturgie de la Parole est très significative. Au centre, dans le verset de l’Alléluia se trouve la voix de Dieu qui révèle qui est Jésus : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! (Mt 17, 5). Elle comporte non seulement l’une des trois versions du récit de la Transfiguration mais aussi deux premières lectures au choix.

La première est un passage du prophète Daniel (Dn 7, 9-10.13-14) qui souligne un aspect du récit évangélique : « son habit était blanc comme la neige ». Ce faisant le prophète annonce qu’en Jésus transfiguré sur la montagne, il faut voir une théophanie – c’est-à-dire une manifestation divine. C’est donc une anticipation de la résurrection et de la gloire du Christ : à lui aussi comme à Dieu, est « donné domination, gloire et royauté » (Dn 7, 13).

L’autre lecture possible est tirée de la deuxième lettre de l’apôtre Pierre (2 P 1, 16-19) : il s’agit d’une version de l’épisode, qui sans développer le récit complet de l’épisode, en souligne la signification comme événement de la Parole :

Car il a reçu de Dieu le Père l’honneur et la gloire quand, depuis la Gloire magnifique, lui parvint une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils, mon bien-aimé ; en lui j’ai toute ma joie. Cette voix venant du ciel, nous l’avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte (2 P 1, 17-18).

Comme le terme d’origine grecque « métamorphose », celui de « transfiguration » forgé à partir de racines latines, évoque un changement de forme. L’homme Jésus apparaît sous la forme divine : sur la montagne, il est déjà glorifié dans la lumière divine. Cette fête est donc essentielle pour la compréhension de la personne du Christ. Pour la foi chrétienne en effet, même si certaines Églises l’expriment dans un autre langage, Jésus n’est pas seulement un homme : il est à la fois « vrai Dieu et vrai homme » comme l’affirmait le Concile de Chalcédoine (4e concile œcuménique, 451). Et ce grand concile précisait « sans séparation, ni confusion » : Jésus n’est pas moins homme parce qu’il est reconnu comme messie c’est-à-dire le Christ, l’envoyé de Dieu. Mais il n’est pas moins Dieu parce qu’il est né de la Vierge Marie, et qu’il est mort sur la croix.  La transfiguration souligne l’aspect divin de celui qui a vécu pleinement une vie d’homme. 

Il est important de relever le contexte de l’événement : chez les trois évangélistes, le récit est placé après une première annonce de la Passion (Mt 16, 21-23 ; Mc 8, 31-33 ; Lc 9, 22). L’épisode de la Transfiguration est ainsi une sorte d’anticipation de la gloire du ressuscité, qui est offert aux disciples et aux fidèles de surmonter le scandale de la croix. C’est donc comme le souligne l’apôtre Pierre, « une lamper brillant dans un lieu obscur » :

Et ainsi se confirme pour nous la parole prophétique ; vous faites bien de fixer votre attention sur elle, comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu’à ce que paraisse le jour et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs (2 P 1, 19).

La préface de la messe de ce jour de fête se fait l’écho de cette vision :

Car il a révélé sa gloire aux témoins qu’il avait choisis, le jour où en son corps semblable au nôtre se répandit une splendeur incomparable ; il préparait ainsi le cœur de ses disciples à surmonter le scandale de la croix ; il manifestait que s’accomplirait dans le Corps tout entier de l’Eglise ce qui déjà rayonnait de manière admirable en lui qui en est la tête.

Dans son récit, l’évangéliste Luc développe la notation concernant la présence de Moïse et d’Elie auprès du Christ transfiguré tout en précisant qu’ils parlaient de son départ (littéralement de son exode) qui allait s’accomplir à Jérusalem, donc de son passage par la mort de la croix :

Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » (Lc 9, 30-33).

La fête de la Transfiguration est à ce titre un guide liturgique essentiel pour l’interprétation des Écritures. Moïse et Elie sont en effet les figures renvoyant à la Loi (la Torah) et aux prophètes. Et dans le récit ces deux figures éclairent le chemin pascal du Christ. La liturgie fait résonner ensemble l’Ancien et le Nouveau Testament pour éclairer le mystère du Christ. Dans la fête de la Transfiguration du Seigneur, les Écritures qui sont proclamées font apparaître la gloire du ressuscité. L’insistance de Luc sur la présence de Moïse et Elie se retrouve encore en effet dans le célèbre récit des pèlerins d’Emmaüs :

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait (Lc 24, 25-27).

Dans l’histoire 

Cette fête semble avoir pour origine, la cité de Constantinople et on la date souvent de la fin du VIIe ou début VIIIe siècle. Elle fut adoptée en Occident au XVe s. Elle pourrait avoir une relation avec la fête juive du 15 Av, une fête joyeuse qui constitue une invitation à intensifier l’étude de la Torah. Par ailleurs, en raison de la mention des tentes, comme l’atteste déjà le Lectionnaire arménien de Jérusalem (Ve s.), elle semble intégrer un écho de la fête juive des Tentes (Souccot), l’une des trois grandes fêtes juives de pèlerinage qui commémore l’intervention de Dieu auprès du peuple d’Israël durant l’Exode. Le prophète Zacharie annonce en effet qu’au temps du Messie, cette fête deviendra universelle et toutes les nations se rendront à Jérusalem pour se prosterner devant Dieu (Za 14, 16).

(Note sur le sens et l'histoire de la fête proposée par fr. Patrick Prétot) 

La Transfiguration comme thème musical

Dans le Missel

► Couleur liturgique blanc. Formulaire propre. Si cette fête est célébrée le dimanche, on dit le Credo. 

​► Pour les lectures de la messe et les offices des heures, voir sur le site de l'AELF (Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones).
 

Pour aller plus loin

  • Cette fête majeure dans l’Orient byzantin a donné lieu à une importante production iconographique. Voir notamment : Roselyne de Feraudy, L'icône de la Transfiguration, Bégrolles-en-Mauges, Éd. de Bellefontaine, « Spiritualité orientale » 23, 1978.

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HOMÉLIE D'ANASTASE DU SINAÏ POUR LA TRANSFIGURATION

« Il nous est bon d'être ici »

Jésus montra ce mystère à ses disciples sur le mont Thabor. Tandis qu’il cheminait au milieu d’eux, il les avait entretenus de son règne et de son deuxième avènement dans la gloire. Mais parce qu’ils n’étaient peut-être pas suffisamment certains de ce qu’il leur avait annoncé au sujet de son règne, il voulut qu’ils finissent par être très fermement convaincus au fond de leur cœur, et que les événements présents les aident à croire aux événements à venir. C’est pourquoi, sur le mont Thabor, il leur fit voir une merveilleuse manifestation divine, comme une image préfigurative du royaume des cieux. C’est exactement comme s’il leur disait : « Pour que le retard n’engendre pas en vous l’incrédulité, dès maintenant, immédiatement, vraiment, je vous le dis, il y en a parmi ceux qui sont ici qui ne connaîtront pas la mort avant qu’ils voient venir le Fils de l’homme dans la gloire de son Père. »

Et, voulant montrer que la puissance du Christ s’accorde avec sa propre volonté, l’évangéliste ajoute : Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean et les emmène à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux, son visage devint brillant comme le soleil et ses vêtements, blancs comme la neige. Et voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.

Telles sont les merveilles divines de la présente solennité ; tel est le mystère, accompli pour nous sur la montagne aujourd’hui, mystère qui est en même temps un acte sauveur. Car ce qui nous réunit est en même temps initiation au mystère du Christ et rassemblement pour sa célébration. Afin donc que nous pénétrions dans les mystères sacrés et inexprimables avec ceux qui ont été choisis parmi les disciples inspirés par Dieu, écoutons la voix divine et très sainte qui, comme d’en haut et du sommet de la montagne, nous convoque de la façon la plus persuasive. ~

C’est donc vers la montagne qu’il faut nous hâter, j’ose le dire, comme l’a fait Jésus qui, là comme dans le ciel, est notre guide et notre avant-coureur. Avec lui nous brillerons pour les regards spirituels, nous serons renouvelés et divinisés dans les structures de notre âme et, avec lui, comme lui, nous serons transfigurés, divinisés pour toujours et transférés dans les hauteurs. ~

Accourons donc, dans la confiance et l’allégresse, et pénétrons dans la nuée, ainsi que Moïse et Élie, ainsi que Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette contemplation et cette manifestation divines, sois magnifiquement transformé, sois emporté hors du monde, enlevé de cette terre ; abandonne la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre disait, ravi hors de lui-même : Seigneur, il nous est bon d’être ici ! 

Certainement, Pierre, il est vraiment bon d’être ici avec Jésus, et d’y être pour toujours. Qu’y a-t-il de plus heureux, qu’y a-t-il de plus sublime, qu’y a-t-il de plus noble que d’être avec Dieu, que d’être transfiguré en Dieu dans la lumière ? Certes, chacun de nous, possédant Dieu dans son cœur, et transfiguré à l’image de Dieu doit dire avec joie : Il nous est bon d’être ici, où tout est lumineux, où il y a joie, plaisir et allégresse, où tout, dans notre cœur, est paisible, calme et imperturbable, où l’on voit Dieu : là il fait sa demeure avec le Père et il dit, en y arrivant : Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison. Là tous les trésors des biens éternels sont présents et accumulés. Là sont présentées comme dans un miroir les prémices et les images de toute l’éternité à venir.

Répons

R/ Le Seigneur, c’est l’Esprit,
l’Esprit du Seigneur est la liberté.

Nous tous, à visage découvert,
réfléchissons comme en un miroir la gloire de Dieu.

Laissons-nous transformer
en l’image du Seigneur, toujours plus glorieuse.

Source : AELF — Office des lectures — 6 août 2025

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    ► Voir commentaire dans La Maison-Dieu 77, 1964)

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