La solennité du Saint-Sacrement
Présentation du Saint Sacrement. France.
Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité
« Lors du dernier repas qu’il partageait avec ses Apôtres, voulant perpétuer la mémoire du salut par la croix, il s’est offert à toi, comme l’Agneau sans tâche, et tu as accueilli son sacrifice de parfaite louange. Quand tes fidèles communient à ce mystère incomparable, tu les sanctifies pour que la famille humaine, habitant un même univers, soit éclairée par une même foi et réunie par une même charité. » (Préface de la fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ, Missel romain, AELF)
Comme le précise une rubrique du Missel (p. 373), dans les pays où elle n'est pas de précepte et célébrée le jeudi qui suit la Sainte Trinité, la fête du Saint-Sacrement est tranférée au dimanche après la Sainte Trinité, qui devient son jour propre.
C’est au milieu du XIIIe siècle que commence à se déployer le culte eucharistique en dehors de la messe, à une époque où la communion des fidèles était rare – convaincus qu’ils étaient par les pasteurs de leur état de pénitents. C’est dans ce contexte que Sainte Julienne de Cornillon, invente cette fête dans la ville de Liège (Belgique). Le pape de l’époque, Urbain IV, charge Thomas d’Aquin de vérifier sa légitimité et d’apprécier sa justesse. Ce dernier s’en enthousiasme et rédige lui-même les prières de cette fête (qui sont encore les nôtres aujourd’hui), dont la séquence de la fête du Saint-Sacrement (Lauda Sion) dont nous chantons encore la finale (cf. ci-après), ou encore le Pange lingua (que l’on chante à l’Office du Jeudi saint).
=> Sur ce sujet, Pierre-Marie Gy, o.p., « L’office du Corpus Christi et Saint Thomas d’Aquin », Revue des sciences philosophiques et théologiques 4, octobre 1980, p. 491-507.
Comme l’indique le début de la Préface (cf. ci-avant), l’axe décisif de cette fête est le mémorial que constitue l’eucharistie : chaque fois que nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ dans l’eucharistie, nous sommes « réunis par une même charité » pour former son corps présent et agissant dans le monde, aujourd’hui. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui, dit le Seigneur » (Jn 6, 57).
Séquence de la fête du Saint-Sacrement :
« Le voici le pain des anges,
il est le pain de l’homme en route,
le vrai pain des enfants de Dieu,
qu’on ne peut jeter aux chiens.
D’avance il fut annoncé
par Isaac en sacrifice,
par l’agneau pascal immolé,
par la manne de nos pères.
Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
ô Jésus, aie pitié de nous,
nourris-nous et protège-nous,
fais-nous voir les biens éternels dans la terre des vivants.
Toi qui sais tout et qui peut tout,
toi qui sur terre nous nourris,
conduis-nous au banquet du ciel et donne-nous ton héritage,
en compagnie de tes saints.
Amen. »
(Missel romain, fête du Saint-Sacrement, AELF)
L'évangile de cette fête nous plonge dans le discours surle Pain de vie de notre Seigneur avec l’évangile de Jean (Jn 6, 51-58) l’année A, dans le récit de la dernière Cène avec l’évangile de Marc (Mc 14, 12…26) l’année B, et dans celui de la multiplication des pains avec l’évangile de Luc (Lc 9, 11-17) l’année C. Les autres lectures éclairant particulièrement le mystère eucharistique préfiguré dans l’Ancien Testament et offert aux disciples du Christ dans les lettres des apôtres.
Prière : Seigneur Dieu, en venant à la table de ton eucharistie, nous voulons être imprégnés de la douceur de ta grâce et espérons être transformés à l’image de ce que nous serons au ciel, avec toi. Permets-nous de goûter pleinement à ta vie divine en donnant nous-aussi nos vies pour nos frères et sœurs en humanité. » (inspirée en partie de la Préface et de la prière après la communion de la fête du Saint-Sacrement, Missel romain, AELF).
- Une mise en musique de la séquence
- Des textes d'hymnes en français.
Sacrosanctum Concilium