25 mars : Annonciation du Seigneur — Ressources liturgiques - Association Sacrosanctum Concilium

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Se connecter à l'espace privé
Menu

Moteur de recherche

Le moteur de recherche 🔍 permet de retrouver n’importe quel document à partir des mots qu’il contient sur l’ensemble du site. Pour plus d’efficacité, n’hésitez pas à indiquer plusieurs mots significatifs. Mieux encore, mettez une locution complète entre guillemets (par ex. un titre ou sous-titre).

Si vous voulez retrouver spécifiquement un texte officiel, sachez le domaine de la Bibliothèque a un système de recherche propre : titre du document, auteur, type de document, période de publication du document.

 

Lire la suite / mode d'emploi complet

25 mars : Annonciation du Seigneur

CAMEROUN : PAYS BAMILEKE : CONSTRUCTION D'UNE CHAPELLE, SANCTUAIRE MARIAL (VITRAIL ANNONCIATION).

Seigneur Dieu, tu as voulu que ton Verbe prît chair en toute vérité dans le sein de la Vierge Marie ; puisque nous reconnaissons en lui notre Rédempteur, à la fois Dieu et homme, accorde-nous d’être participants de sa nature divine. (Missel romain, collecte, 25 mars).

« Neuf mois avant Noël, nous célébrons l’Incarnation du Fils de Dieu, dont saint Luc rapporte les circonstances dans le récit de l’Annonce de l’Ange à Marie. Toute la liturgie de ce jour est éclairée par la parole du psalmiste que la Lettre aux Hébreux met sur les lèvres du Christ entrant dans le monde : " Me voici, mon Dieu ; je viens pour faire ta volonté " (He 10,9). » (Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, p. 652, avec l’autorisation @AELF).  

Le psaume 39 qui est le psaume responsorial pour cette fête exprime ce mystère de l’Incarnation comme un acte d’obéissance qui se prolonge dans la louange : 

Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice, 
tu as ouvert mes oreilles ;  
tu ne demandais ni holocauste ni victime, 
alors j'ai dit : « Voici, je viens. 

« Dans le livre, est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse. 
Mon Dieu, voilà ce que j'aime : 
ta loi me tient aux entrailles. » 

J'annonce la justice dans la grande assemblée ; 
vois, je ne retiens pas mes lèvres, 
Seigneur, tu le sais (Ps 39, 7-10).

L'évangile de la fête : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils » (Lc 1, 26-38), est le récit de l’Annonciation que tant d’iconographes et de peintres ont cherché à représenter. 

En ce temps-là,
    l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
    à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi. »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
    Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
    Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
    il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin. »
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ? »
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
    Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. »
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Dans l’histoire

L’histoire de cette fête du 25 mars oscille entre deux approches : la première y voit une fête du Christ (Annonciation « du Seigneur ») tandis que la seconde souligne que « l’Ange fit l’annonce à Marie » comme le rappelle l’Angelus et l’on présente cette solennité comme une fête mariale. Le missel de 1570 (dans sa dernière édition de 1962) l’intitulait ainsi « Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie » (In Annuntiatione B. Mariae Virginis) en lui attribuant le plus haut rang dans la hiérarchie des fêtes (fête dite « de 1e classe »). 
L’Annonciation figurait donc comme l'une des quatre grandes fêtes mariales, ce que le Moyen Âge désignait par la formule les « quatre Notre-Dame », quatre fêtes qui scandaient les quatre saisons : la fête de Notre-Dame du printemps au 25 mars inaugurait une année mariale qui comprenait la fête de l’Assomption au 15 août (Notre-Dame d'été), la fête de la Nativité de la Vierge Marie au 8 septembre (Notre-Dame d'automne) et enfin la fête de la Purification de Notre-Dame au 2 février (Notre-Dame d’hiver). 

Aujourd’hui : la fête de l’Annonciation du Seigneur

La réforme liturgique de Vatican II a redonné aux deux fêtes du 25 mars (Annonciation du Seigneur) et du 2 février (Présentation du Seigneur au Temple) leur dimension fondamentale de fêtes du Seigneur. Ces deux fêtes prennent place en effet dans la célébration du mystère de l’Incarnation du Sauveur Jésus-Christ. L’Annonciation désigne la promesse de l’Incarnation du Fils de Dieu, ce que le Prologue de l’Evangile de Jean désigne comme le Verbe fait chair : 
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu. 
La Présentation du Seigneur au temple désigne à sa manière la mémoire du fait que Jésus, le Fils de Dieu, est enraciné dans le peuple d’Israël : ses parents accomplissent les prescriptions de la Loi pour un premier-né en venant le présenter au Temple et offrir l’offrande prévue à cette occasion : 
Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes (Lc 2, 22-24).

Des règles liturgiques significatives

Les règles liturgiques concernant ces deux fêtes et notamment celles de la fête de l’Annonciation sont très significatives de l’importance attachée à ces fêtes. 
Si la fête du 2 février peut être célébrée un dimanche, puisqu’une fête du Seigneur l’emporte sur le dimanche qui constitue la mémoire hebdomadaire de la Pâque du Seigneur, et donc le « jour de fête primordial » des chrétiens, pour la fête du 25 mars, les prescriptions sont assez complexes. 
En effet en raison de sa date – le 25 mars – cette fête tombe très habituellement en Carême : or les dimanches de Carême sont dit « privilégiés » et ne cèdent à aucune fête. Si la fête tombe un dimanche on la reporte alors au jour le plus proche où cela est possible. 
Si le 25 mars tombe durant la Semaine Sainte ce qui arrive assez régulièrement, la fête est alors reportée au premier jour après le 2e dimanche de Pâque car non seulement les jours saints mais aussi ceux de la semaine de Pâque sont des jours privilégiés. 
Certes ces règles concernant cette fête peuvent paraître assez compliquées. Mais à travers elles, l’Église exprime l’importance des temps liturgiques que sont le Carême, la Semaine Sainte et la Semaine de Pâque : il s’agit de la mémoire annuelle du Mystère pascal, le grand mystère qui nous sauve. Par ailleurs, en déplaçant la date de cette fête, la liturgie dit l’importance de cette fête pour la mémoire chrétienne. 

L’Angelus : une mémoire quotidienne de l’Annonciation du Seigneur

La prière de l’Angelus à laquelle beaucoup de fidèles sont très attachés constitue une sorte de mémoire quotidienne de cet événement central de l’histoire du salut. On notera que les versets sont des citations de l’Évangile de cette fête du 25 mars. Par ailleurs l’oraison finale de l’Angelus reprend celle du 4e dimanche de l’Avent : or l’Année B, c’est l’Évangile de l’Annonciation qui est lu en ce dimanche.    

℣. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
℟. Et elle conçut du Saint-Esprit.
Je vous salue Marie, pleine de grâce,
Le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant, et à l'heure de notre mort.

℣. Voici la Servante du Seigneur
℟. Qu’il me soit fait selon votre parole.
Je vous salue Marie, pleine de grâce,
Le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant, et à l'heure de notre mort.

℣. Et le Verbe s’est fait chair
℟. Et il a habité parmi nous.
Je vous salue Marie, pleine de grâce,
Le Seigneur est avec vous,
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, mère de Dieu,
Priez pour nous, pauvres pécheurs,
Maintenant, et à l'heure de notre mort.

℣. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
℟. Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.
℣. Prions. Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous a fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur.
℟. Amen.

Pour des hymnes et tropaires pour ce jour
 
Bibliographie 
Michel Feuillet, L'Annonciation sous le regard des peintres, Paris, Mame, coll. « Un Certain Regard », 2004. 

  • Sacrosanctum Concilium 107

    Extrait de la Constitution Sacrosanctum Concilium

    Révision de l'année liturgique.

    SC 107. L'année liturgique sera révisée de telle sorte que, en gardant ou en restituant les coutumes et les disciplines traditionnelles attachées aux temps sacrés, en se conformant aux conditions de notre époque, on maintienne leur caractère natif pour nourrir comme il faut la piété des fidèles par la célébration des mystères de la Rédemption chrétienne, mais surtout du mystère pascal. Les adaptations, selon les conditions locales, si elles étaient nécessaires, se feront conformément aux articles 39 et 40.


    ► Voir commentaire dans La Maison-Dieu 77, 1964)

    En savoir plus sur cet extrait