2 novembre : Commémoration de tous les fidèles défunts
Commémoration de tous les fidèles défunts
(si le 2 novembre tombe un dimanche, on prend la messe de la commémoration des défunts)
Notice du Missel
« Au lendemain de la fête de ceux qui sont entrés dans l’intimité de Dieu, l’Église nous invite à prier pour nos frères et sœurs qui sont morts dans l’espérance de la résurrection. La prière pour les morts appartient à la plus ancienne tradition chrétienne et la fête liturgique pour les morts commença à être célébrée en 998 à Cluny sous l’abbatiat de saint Odilon. Cette prière s’étend aussi à tous les morts dont seul le Seigneur connaît la foi » (Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, p. 819, avec l’autorisation @AELF).
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Dans la continuité de la prière d'Israël, la prière pour les morts appartient à la plus ancienne tradition chrétienne. Aussi, après avoir rendu grâce pour tous les saints qui partagent la joie du ciel, l'Église intercède-t-elle pour les défunts encore en chemin vers la Cité du Dieu vivant. Le premier des trois formulaires de messe proposés pour ce jour déploie le mystère de la foi : « Jésus est mort et ressuscité : de même, ceux qui se sont endormis, Dieu, par Jésus, les emmènera avec lui » (antienne d'ouverture). Aussi en célébrant l'eucharistie, « admirable sacrement de son amour » (prière sur les offrandes), nous prions pour « tous les défunts dont Dieu seul connait la foi » (Prière eucharistique IV). Cette célébration nous redit la solidarité qui unit les croyants, qu'ils soient vivants en ce monde, encore en chemin vers la gloire, ou déjà passés « dans ta demeure de lumière et de paix » (prière après la communion).
Un peu d'histoire
Dès les origines, on trouve des célébrations en mémoire des martyrs de la foi. C'est cette célébration annuelle (d'abord le 13 mai) qui devient au Haut Moyen-Âge la fête de tous les saints le 1 novembre, suivant en cela la pratique de l'Eglise catholique en Angleterre qui voulait par là supplanter une fête païenne de commémoration des ancètres. Au XIe siècle, distingua le 1 novembre pour commémorer tous les saints (dont les martyrs bien sûr) et le lendemain, le 2 novembre, pour commémorer tous les défunts. Depuis lors, l'Eglise catholique romaine distingue ces deux journées, tout en accueillant la dévotion populaire qui - le plus souvent - unit les deux au jour de la Toussaint (seul jour férié, le lendemain ne l'étant pas), comme ce fut le cas à l'origine.
La messe pour les défunts
Si le 2 novembre tombe un dimanche (temps ordinaire), la commémoration des défunts l'emporte sur la liturgie dominicale mais, pour respecter le caractère propre du dimanche, jour de la Résurrection, on chante le Gloria et on récite le Credo.
Pour ce jour, aucune lecture n'est obligatoire. Comme pour toute messe pour un ou plusieurs défunts, on peut choisir dans le lectionaire des funérailles celles qui conviennent.
Le Missel propose trois formulaires au choix pour cette messe (oraisons et antiennes) et cinq préfaces de la prière eucharistique.
"Même si nous sommes destinés à mourir,
quand la mort nous atteint à cause du péché,
ta tendresse et ta grâce
nous donnent d'être rachetés
par la victoire du Christ
et nous appellent à revivre avec lui."
(5e Préface des défunts)
La célébration de l'eucharistie unit les vivants et les morts dans la même action de grâce, et fait de nous tous le corps du Christ. C'est ainsi que nous vivons la communion des saints, avec toute l'Église de la terre et du ciel.
« Donne la lumière »
(Messe pour les défunts, texte CFC - Sr Marie-Pierre)
Donne la lumière à leurs yeux,
Seigneur ressuscité.
Dans l’ombre de la mort
conduis-les comme un feu.
Rassemble devant Dieu
le peuple des vivants.
Qu’ils suivent ton passage,
O Maître de la vie !
Qu’ils entrent dans ta joie
et que brille sur eux ton visage !
Rassemble devant Dieu
le peuple des vivants.
Les musiques pour les défunts
Le répertoire de musique, tant ancienne que contemporaine, fait une belle place aux "Messes de Requiem".
→ Voir le texte des messes de Requiem...
→ Ecouter le Requiem de Duruflé
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HOMÉLIE DE S. AMBROISE
POUR L'ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE SON FRÈRE
Nous voyons que la mort est un avantage, et la vie un tourment, si bien que Paul a pu dire : Pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage. Qu'est-ce que le Christ? Rien d'autre que la mort du corps, et l'esprit qui donne la vie. Aussi mourons avec lui pour vivre avec lui. Nous devons chaque jour nous habituer et nous affectionner à la mort afin que notre âme apprenne, par cette séparation, à se détacher des désirs matériels. Notre âme établie dans les hauteurs, où les sensualités terrestres ne peuvent accéder pour l'engluer, accueillera l'image de la mort pour ne pas encourir le châtiment de la mort. En effet la loi de la chair est en lutte contre la loi de l'âme et cherche à l'entraîner dans l'erreur. ~ Mais quel est le remède ? Qui me délivrera de ce corps de mort ? — La grâce de Dieu, par Jésus Christ, notre Seigneur.
Nous avons le médecin, adoptons le remède. Notre remède, c'est la grâce du Christ, et le corps de mort, c'est notre corps. Alors, soyons étrangers au corps pour ne pas être étrangers au Christ. Si nous sommes dans le corps, ne suivons pas ce qui vient du corps ; n'abandonnons pas les droits de la nature, mais préférons les dons de la grâce.
Qu'ajouter à cela? Le monde a été racheté par la mort d'un seul. Car le Christ aurait pu ne pas mourir, s'il l'avait voulu. Mais il n'a pas jugé qu'il fallait fuir la mort comme inutile, car il ne pouvait mieux nous sauver que par sa mort. C'est pourquoi sa mort donne la vie à tous. Nous portons la marque de sa mort, nous annonçons sa mort par notre prière, nous proclamons sa mort par notre sacrifice. Sa mort est une victoire, sa mort est un mystère, le monde célèbre sa mort chaque année.
Que dire encore de cette mort, puisque l'exemple d'un Dieu nous prouve que la mort seule a recherché l'immortalité et que la mort s'est rachetée elle-même ? II ne faut pas s'attrister de la mort, puisqu'elle produit le salut de tous, il ne faut pas fuir la mort que le Fils de Dieu n'a pas dédaignée et n'a pas voulu fuir. ~
La mort n'était pas naturelle, mais elle l'est devenue ; car, au commencement, Dieu n'a pas créé la mort : il nous l'a donnée comme un remède. ~ L'homme, condamné pour sa désobéissance à un travail continuel et à une désolation insupportable, menait une vie devenue misérable. Il fallait mettre fin à ses malheurs, pour que la mort lui rende ce que sa vie avait perdu. L'immortalité serait un fardeau plutôt qu'un profit, sans le souffle de la grâce. ~
L'âme a donc le pouvoir de quitter le labyrinthe de cette vie et la fange de ce corps, et de tendre vers l'assemblée du ciel, bien qu'il soit réservé aux saints d'y parvenir ; elle peut chanter la louange de Dieu dont le texte prophétique nous apprend qu'elle est chantée par des musiciens : Grandes et merveilleuses sont tes œuvres. Seigneur, Dieu tout-puissant: justes et véritables sont tes chemins. Roi des nations. Qui ne te craindrait, Seigneur, et ne glorifierait ton nom ? Car toi seul es saint. Toutes les nations viendront se prosterner devant toi. Et l'âme peut voir tes noces, Jésus, où ton épouse est conduite de la terre jusqu'aux cieux, sous les acclamations joyeuses de tous — car vers toi vient toute chair — ton épouse qui n'est plus exposée aux dangers du monde, mais unie à ton Esprit. ~
C'est ce que le saint roi David a souhaité, plus que toute autre chose, pour lui-même, c'est ce qu'il a voulu voir et contempler : La seule chose que je demande au Seigneur, la seule que je cherche, c'est d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, et de découvrir la douceur du Seigneur.
Répons
R/ Grâce et bonheur
à ceux qui s'endorment dans la foi.
Pour les morts est offert le sacrifice d'expiation,
afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.
Le Christ est mort, puis ressuscité,
pour être le Seigneur des morts et des vivants.
Sacrosanctum Concilium