Ave verum corpus — Ressources liturgiques - Association Sacrosanctum Concilium

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Ave verum corpus

L'Ave verum corpus est une prière catholique qui exprime la transsubstantiation dans la messe. Cette hymne était, à l'origine, réservée à l'élévation. Proclamant la présence réelle du Christ dans le pain et le vin consacrés, ce texte est chanté en faveur du Saint-Sacrement et de son adoration, notamment à la Fête-Dieu.

Ave verum Corpus natum de Maria Virgine :
Vere passum, immolatum in cruce pro homine :
Cuius latus perforatum fluxit aqua et sanguine :
Esto nobis prægustatum mortis in examine.
O Jesu dulcis ! O Jesu pie ! O Jesu Fili Mariæ !

Salut, vrai Corps né de la Vierge Marie,
qui as vraiment souffert, immolé sur la croix pour l'homme.
Toi dont le côté percé laissa couler de l'eau et du sang,
sois notre viatique à l'heure de la mort.
Ô doux Jésus ! Ô bon Jésus ! Ô Jésus, Fils de Marie !

Pièce sans identification d'auteur, l'origine de l'Ave verum corpus reste floue. L'un des manuscrits les plus anciens, celui de la fin du XIIIe siècle ou plus tard, est un livre italien, qui était en usage chez les Franciscains. Le chant de ce bréviaire-antiphonaire, en polyphonie, se composait de deux strophes, dont la deuxième ne se trouve pas ailleurs. Quelques chercheurs affectent l'auteur hypothétique au pape Innocent IV († 1254), tel Helmut Hoping, théologien catholique (2019).

L'Ave verum corpus était, à l'origine, le chant de l'élévation dans la messe.

Il est assez plausible que le quatrième concile du Latran, tenu en 1215 sous le pontificat d'Innocent III, favorisa la création de ce texte. Ce fut en effet ce concile qui détermina le dogme de la transsubstantiation, présenté dans l'Ave verum corpus : « L'hostie devient totalement le corps du Christ lors de la consécration du pain, désormais marquée par l'élévation. » La pratique de l'élévation avait en fait commencé dès le XIIe siècle en France et avait été notamment promue par l'évêque de Paris Odon de Sully († 1208).

Au sujet de la mélodie en plain-chant (partition au-dessus), il s'agirait de la paraphrase du trope de Sanctus VIII, initialement composé au XIe ou XIIe siècle. Guillaume Dufay imitera cette façon, plus tard, pour son Sanctus papale.

Au cours des siècles, ce texte a été mis en musique pour être utilisé dans la liturgie. En voici quelques échos.

 

  • Sacrosanctum Concilium 2a

    Extrait de la Constitution Sacrosanctum Concilium

    La liturgie dans le mystère de l'Église.

    SC 2. En effet, la liturgie, par laquelle, surtout dans le divin sacrifice de l'Eucharistie, « s’exerce l’œuvre de notre rédemption », contribue au plus haut point à ce que les fidèles, par leur vie, expriment et manifestent aux autres le mystère du Christ et la nature authentique de la véritable Église. Car il appartient en propre à celle-ci d'être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l'action et occupée à la contemplation, présente dans le monde et pourtant étrangère. Mais de telle sorte qu'en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l'invisible ; ce qui relève de l'action, à la contemplation ; et ce qui est présent, à la cité future que nous recherchons. [...] 

    Voir commentaire dans La Maison-Dieu 77, 1964

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