15 juillet : Saint Bonaventure (1221-1274)
Évêque et docteur de l’Église - Mémoire
Notice du Missel
« Disciple de saint François d’Assise dont il écrivit la vie, ministre général de l’ordre des Mineurs auquel il donna son organisation, Bonaventure de Bagnorea (1221-1274) fut aussi un théologien d’une rare profondeur. À l’école de saint Augustin, il scruta et enseigna l’Itinéraire de l’âme vers Dieu. Devenu cardinal-évêque d’Albano, il mourut au concile de Lyon » (Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, avec l’autorisation @AELF) .
- Pour l'eucharistie : Commun des pasteurs : pour un évêque, ou Commun des docteurs de l’Église.
- Pour les lectures de la messe et les offices des heures, voir sur le site de l'AELF (Association Épiscopale Liturgique pour les pays Francophones).prière
"Tandis que nous célébrons la naissance au ciel de l’évêque saint Bonaventure, (accorde-nous) de mettre à profit les richesses de son enseignement, et de prendre toujours exemple sur sa brûlante charité" (extrait de la prière d'ouverture).
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L'ITINÉRAIRE DE L'ÂME VERS DIEU PAR S. BONAVENTURE
Le Christ est le chemin et la porte, l'échelle et le véhicule il est le propitiatoire posé sur l'arche de Dieu et le mystère caché depuis le commencement.
Celui qui tourne résolument et pleinement ses yeux vers le Christ en le regardant suspendu à la croix, avec foi, espérance et charité, dévotion, admiration, exultation, reconnaissance, louange et jubilation, celui-là célèbre la Pâque avec lui, c'est-à-dire qu'il se met en route pour traverser la mer Rouge grâce au bâton de la croix. Quittant l'Égypte, il entre au désert pour y goûter la manne cachée et reposer avec le Christ au tombeau, comme mort extérieurement mais expérimentant dans la mesure où le permet l'état de voyageur - ce qui a été dit sur la croix au larron compagnon du Christ : Aujourd'hui avec moi tu seras dans le paradis.
En cette traversée, si l'on veut être parfait, il importe de laisser là toute spéculation intellectuelle. Toute la pointe du désir doit être transportée et transformée en Dieu. Voilà le secret des secrets, que personne ne connaît sauf celui qui le reçoit, que nul ne reçoit sauf celui qui le désire, et que nul ne désire, sinon celui qui au plus profond est enflammé par l'Esprit Saint que le Christ a envoyé sur la terre. Et c'est pourquoi l'Apôtre dit que cette mystérieuse sagesse est révélée par l'Esprit Saint.
Si tu cherches comment cela se produit, interroge la grâce et non le savoir, ton aspiration profonde et non pas ton intellect, le gémissement de ta prière et non ta passion pour la lecture, interroge l'Époux et non le professeur, Dieu et non l'homme, l'obscurité et non la clarté ; non point ce qui luit mais le feu qui embrase tout l'être et le transporte en Dieu avec une onction sublime et un élan plein d'ardeur. Ce feu est en réalité Dieu lui-même dont la fournaise est à Jérusalem. C'est le Christ qui l'a allumé dans la ferveur brûlante de sa Passion. Et seul peut le percevoir celui qui dit avec Job : Mon âme a choisi le gibet, et mes os, la mort. Celui qui aime cette mort de la croix peut voir Dieu ; car elle ne laisse aucun doute, cette parole de vérité : l'homme ne peut me voir et vivre.
Mourons donc, entrons dans l'obscurité, imposons silence à nos soucis, à nos convoitises et à notre imagination. Passons avec le Christ crucifié de ce monde au Père. Et quand le Père se sera manifesté, disons avec Philippe : Cela nous suffit. Écoutons avec Paul : Ma grâce te suffit. Exultons en disant avec David : Ma chair et mon cœur peuvent défaillir : le roc de mon cœur et mon héritage, c'est Dieu pour toujours. Béni soit le Seigneur pour l'éternité, et que tout le peuple réponde : Amen, amen.
Répons
R/ L'Esprit de vérité vous conduira
dans la vérité tout entière.
Tout ce qu'il entendra,
il vous le dira.
L'Esprit scrute tout,
jusqu'aux profondeurs divines.
(AELF — Office des lectures — 15 juil. 2026)
Sacrosanctum Concilium