7 mars : Saintes Félicité et Perpétue (✝ 203)
Martyres - Mémoire (facultative en Carême)
Notice du Missel
« Perpétue n’était que catéchumène quand elle fut arrêtée à l’âge de vingt-deux ans ; elle était mère d’un tout jeune enfant. Félicité était enceinte et elle accoucha d’une fille dans la prison. Mais ni l’une ni l’autre ne faiblit lorsque, le 7 mars 303, elles pénétrèrent dans l’amphithéâtre de Carthage. C’est la main dans la main qu’elles s’avancèrent nt qu’en Occident » (Missel romain, éd. 2021, Desclée-Mame, p. 643, avec l’autorisation @AELF)
" Les bienheureuses martyres Perpétue et Félicité, saisies par ton amour, ont surmonté les tourments de la mort au mépris du persécuteur ; donne-nous, à leur prière, de grandir sans cesse dans un tel amour pour toi " (extrait de la prière d'ouverture).
► Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles soient des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine (le Canon Romain).

Documents
- Sur le site Nominis de la CEF.
- Actes des martyres de Perpétue et Félicité. Site patristique.org.
- Saintes Perpétue et Félicité et leurs Compagnons. Site sanctoral.com.
- Félicité et Perpétue, mères et martyres du IIIème siècle sur le site des Bernardins.
- Saintes Perpétue et Felicité et leurs compagnons martyrs. P. Silvio Moreno, IVE, vicaire de la Cathédrale de Tunis. 7 Mars 2017. (10'44).
-
Un 8 mars avec Félicité et Perpétue, deux martyres. Brigitte Bédard. Site le-verbe.com. (14'10).
- Passion de Perpétue et de Félicité, suivi des Actes, texte (version latine) établi, traduit et commenté par Jacqueline Amat, Cerf, coll. "Sources Chrétiennes", no 417, Paris, 1996, 336 p.
- "Passion de Perpétue et Félicité" (205 ?), trad. de la version latine Joëlle Soller : Premiers écrits chrétiens, Gallimard, coll. "La Pléiade", 2016, p. 290-304.
- Fraternité Sainte Perpétue et Bruno Bouteville (Illustrations) (trad. du latin), Perpétue et Félicité, Margaux, Libre Label, 2016, 26 p.
- R. Paciokkowski, L’héroïsme religieux d’après la Passion des saintes Perpétue et Félicité, 1959.
- Maurice Testard, La Passion des saintes Perpétue et Félicité. Témoignages sur le monde antique et le christianisme, Bulletin de l'Association Guillaume Budé Année 1991 1 pp. 56-75

PASSION DE PERPÉTUE, FÉLICITÉ ET LEURS COMPAGNONS
« Un jour, raconte Perpétue, alors que nous déjeûnions, on nous emmena soudain pour l’interrogatoire. Nous arrivâmes au forum. Le bruit s’en répandit aussitôt dans les quartiers voisins et il y eut une foule immense. Nous étions montés sur l’estrade. Mes compagnons, interrogés les premiers, firent leur confession. Quand arriva mon tour, mon père se trouva présent avec mon fils. Il me tira de l’escalier en suppliant : ‘Aie pitié de ton fils.’ Hilarianus, le procureur, me dit : ‘Épargne les cheveux blancs de ton père, épargne l’âge tendre de ton fils : sacrifie pour le salut des empereurs.’ Je répondis : ‘Je ne le ferai pas.’ Hilarianus demanda : ‘Tu es chrétienne ?’ Je répondis : ‘Je le suis.’ Comme mon père était monté près de moi pour m’ébranler, il fut expulsé sur l’ordre d’Hilarianus et frappé d’un coup de verge. Je ressentis le coup porté à mon père comme si je l’avais moi-même reçu. Je souffrais pour sa vieillesse malheureuse.
Alors fut portée la sentence et nous fûmes tous condamnés aux bêtes. Tout joyeux, nous
redescendîmes au cachot »…
Quant à Félicité, la grâce du Seigneur la favorisa ainsi. Comme elle en était à son huitième mois,… elle se désolait fort, à l’approche des jeux, de ce que son martyre risquait d’être différé… Ses compagnons de martyre n’étaient pas moins attristés à la pensée de laisser seule une si bonne compagne sur le chemin de leur commune espérance. Aussi, unis dans une même lamentation, ils adressèrent leur prière au Seigneur le troisième jour avant les jeux. À peine eurent-ils achevé leur prière, qu’elle fut prise par les douleurs. Comme elle gémissait de souffrances d’un accouchement prématuré, un des geôliers lui dit : « Si tu gémis maintenant, que feras-tu exposée aux bêtes que tu as méprisées quand tu refusais de sacrifier ? » Elle leur répondit : « Ce que je souffre aujourd’hui, c’est moi qui l’endure ; là-bas au contraire, un autre sera en moi qui souffrira pour moi, parce que, moi aussi, j’aurai à souffrir pour lui. » C’est ainsi qu’elle mit au monde une fille qu’une sœur éleva comme son propre enfant…
Le jour se leva enfin où les martyrs allaient remporter la victoire, et ils sortirent de la prison pour s’avancer vers l'amphithéâtre comme s'ils allaient au ciel. Ils avaient des visages gais et radieux, et s'ils tremblaient, c'était de joie, non de peur…
Pour les jeunes femmes, on avait préparé une vache furieuse… Perpétue fut lancée en l’air la première et retomba sur ses reins. Dès qu’elle peut s’asseoir, elle ramena sa tunique déchirée, plus attentive à la pudeur qu’à la douleur ; ensuite, elle chercha une aiguille et recoiffa ses cheveux défaits : il ne convenait pas, en effet, qu’une femme subît le martyre les cheveux dénoués, pour ne pas sembler porter le deuil de sa gloire. Puis elle se releva et voyant que Félicité avait été précipitée sur le sol, elle s'approcha, la prit par la main et l'aida à se redresser. Toutes deux demeurèrent debout. La cruauté du peuple s'apaisa et on les fit sortir par la porte des Vivants.
Mais, comme le peuple les réclamait au milieu de l'arène pour être témoin oculaire de leur mise à mort en voyant l'épée s'enfoncer dans leurs corps, ils se levèrent d'eux-mêmes et se portèrent à l'endroit voulu par le peuple. Mais d'abord ils s'embrassèrent pour achever la célébration de leur martyre par le rite du baiser de paix.
Tous reçurent le coup d'épée, immobiles et silencieux… Perpétue, quant à elle, devait faire l'expérience de la douleur : frappée entre les côtes, elle poussa un grand cri ; puis, comme la main du gladiateur débutant hésitait, elle la poussa elle-même sur sa gorge. Sans doute une telle femme ne pouvait-elle être mise à mort autrement, elle qui faisait peur à l'esprit mauvais : il fallait qu'elle-même le veuille.
Répons
R/ Rien n'a pu séparer les martyrs
de l'amour du Christ.
Qui aime son père ou sa mère plus que moi
n'est pas digne de moi.
Qui aime son fils ou sa fille plus que moi
n'est pas digne de moi.
Qui ne renonce pas même à sa propre vie
ne peut être mon disciple.
(AELF — Office des lectures — 7 mars 2026 - Afrique du Nord)
Sacrosanctum Concilium